Plaidoyer pour l’ouverture d’un réel processus de médiation en Syrie

A l’occasion des obsèques du père Jacques HAMEL, lâchement assassiné par des terroristes déstructurés, l’AFS s’associe au nombreux messages d’indignation et de solidarité, émanant de la collectivité nationale et internationale et des associations syriennes ou franco-syriennes.

Nous nous sommes interrogés sur la question de savoir s’il était nécessaire de mêler, une fois de plus, notre colère à celle unanime du monde entier.

Nous avons préféré rester dans un silence compassionnel.

Cette fois-ci c’est au cœur même de l’Eglise que le terrorisme a frappé en France, comme il a frappé encore plus durement en Syrie d’une manière indiscriminée, les communautés chrétiennes et musulmanes.

Cependant, nous ne manquons pas de nous interroger sur les raisons pour lesquelles le Peuple français, s’est si bien mobilisé encore une fois, contre cet odieux assassinat d’un modeste prêtre de 86 ans mais qui n’a pas autant manifesté lors des massacres en Syrie depuis plus de 5 ans commis par toutes les parties en présence !

Par toutes les parties, nous entendons le Gouvernement syrien qui porte une responsabilité particulière, mais également les nombreux Groupes terroristes y compris les rebelles dits « modérés », s’il en existe encore, alors qu’il ne fait pas de doute pour les observateurs sérieux, qu’ils sont considérés à juste titre comme tels par la communauté internationale, pour avoir partie-liée avec des groupes djihadistes.

La neutralité qui caractérise la doctrine de notre Association n’empêche pas une critique lucide de la situation.

L’ensemble des spécialistes et des dirigeants politiques sérieux s’accordent
à reconnaitre, qu’il n’y aura pas d’issue du conflit en Syrie par la guerre.

Or, les différentes parties en présence continuent à faire la guerre d’une manière particulièrement cruelle et alors que, les puissances occidentales et orientales y contribuent, à n’en point douter.

Nous avons maintes fois appelé à la cohérence des politiques internationales menées par les grandes puissances et les puissances régionales, mais également les belligérants eux-mêmes.

Si ces puissances et les parties en cause mettaient autant d’énergie pour faire la paix qu’ils mettent pour faire la guerre, il y aurait bien longtemps qu’une solution aurait été trouvée pour arrêter le conflit, en tout cas, entre les forces régulières syriennes et les opposants armés non djihadistes.

Seuls les Russes, les Iraniens et le Hezbollah parlent avec Bachar El Assad, pourquoi leur laisser cet avantage stratégique ? pourquoi ne pas reprendre la main et parler directement avec lui et son Gouvernement ainsi qu’avec ces mêmes Russes et Iraniens, pour tenter de trouver une solution commune au conflit.

Le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Syrie permettrait de dialoguer, ce dont cette crise manque cruellement.

Ce dialogue est fondamental pour comprendre la réelle position de chacun, ce qui éviterait de se perdre en accusations et en interprétations hasardeuses.

Il serait important de faire la différence entre ceux qui veulent faire la paix et entamer la reconstruction du pays, pour épargner le peuple syrien dont nombreux d’entre eux risquent d’être assassinés, comme l’a été le Père Hamel.

Un tel positionnement permettrait de lutter contre le terrorisme d’une manière plus ordonnée et sortir ainsi, d’une certaine ambiguité.

L’ambiguité et le jeu à plusieurs bandes mènent toujours à plus de drames.

Les grandes puissances s’honoreraient de sortir de leur propre ambiguité et les puissances régionales seraient mises au pied du mur, car il ne faut pas s’y tromper, les syriens et les français sont victimes de cette ambiguité mortifère.

Au nom de l’amitié séculaire entre la France et la Syrie et en tant que défenseur de cette amitié, nous appelons à un sursaut, une rupture avec les politiques dogmatiques et la reprise du dialogue direct, pour mener à un processus de médiation digne de ce nom.

Le Docteur Elias Lahham, Président du Forum National Syrien, nous rappelait à juste titre, lors de son dernier séjour en France que, sur les 2 millions de chrétiens que comptait la Syrie, il n’en reste plus qu’environ400.000 dans la zone contrôlée par les autorités de Damas et que dans cette zone, environ 12 millions de syriens y vivent à majorité musulmane sunnite, protégés par le Gouvernement du Président Bachar Al Assad.

Cependant tous les jours tombent sur Damas des obus tirés par des rebelles djihadistes ou non, qui font des victimes d’une manière indiscriminée.

La vie continue à être difficile pour les Damascènes et les Syriens de toute la Syrie, sans parler des atrocités qui se passent à Alep.

La médiation, en tant qu’instrument diplomatique de règlement des conflits, a connu depuis la fin de la guerre froide un renouveau en lien avec les transformations de l’Ordre international.

Il est cependant à déplorer que ce processus de médiation reste encore embryonnaire, qui serait pour certains, l’instrument des faibles qui auront choisi le « soft power », alors qu’il est clair que c’est le seul moyen digne de faire la paix.

La France, dotée des instruments de la puissance, ne semble pas avoir ressenti le besoin de s’investir dans ce processus.

Or la France, ancienne puissance mandataire, aurait pu jouer un rôle majeur dans un tel processus de médiation, montrant aux yeux du monde, qu’il existe pour le pays des droits de l’homme, une autre voie que celle de la guerre alors et surtout que ses alliances n’apportent pas la démonstration de la cohérence par rapport à nos fondamentaux démocratiques.

Alors, la France peut-elle jouer encore un rôle pour enclencher de façon déterminée ce processus de médiation en coordination avec les Nations unies, les Etats-Unis et la Russie ?

Pourquoi se satisfaire de la rupture des pourparlers à Genève dans le cadre des négociations menées par Staffan de Mistura ?

Une médiation neutre et indépendante se doit d’entreprendre toute démarche, afin que le dialogue ne soit pas rompu.

Alors reprenons au plus vite le chemin de la table des négociations et que les belligérants entrent véritablement dans ce processus de médiation.

La France pourrait jouer un rôle moteur dans une vraie médiation, même si elle a été marginalisée par les Russes et par les Américains.

Les Aleppins, et tous les syriens en général, attendent que l’on redouble d’effort pour mettre fin à ces massacres.

Cette guerre est insupportable, cette guerre n’a pas de sens, il faut s’employer à l’arrêter au plus vite.

Assez de guerre et de souffrance en Syrie !

Patrice Mouchon
Président de ! ‘Association d’Amitié France Syrie

Who Is Laying Siege to Whom in Aleppo?

Syria in Crisis

Who Is Laying Siege to Whom in Aleppo?

Posted by: Aron Lund Monday, August 08, 2016

On August 6, in the span of just 24 hours, the city of Aleppo went from being under government siege to being under rebel siege, or perhaps a double siege—there was much confusion in the media.

Those who do not follow the Syrian conflict as obsessively as, perhaps, many readers of this site would be excused for not understanding what happened. How could the situation be so dramatically transformed in such as short time, and who is actually laying siege to whom?

To clear up the confusion, let’s try to unpack the situation with the help of a map.

Who Controls What?

The key point is that no one is laying siege to “Aleppo,” as such, although many different armed groups are laying siege to bits and pieces of it. The city of Aleppo is divided, and so is the wider Aleppo governorate.

Voir la carte en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://carnegieendowment.org/syriaincrisis/?fa=64274

Looking at this map, things become clearer. The eastern half of the city is controlled by Sunni Muslim rebels (not the Islamic State), while President Bashar al­Assad’s government controls the western half. There is also a small patch of Kurdish­ruled territory sandwiched between the two, which is generally on much better terms with the government than with the rebels.

The surrounding rural region is almost entirely under the control of anti­government factions, including Kurdish groups in the northwest, the self­declared Islamic State in the northeast, and a broad but Islamist­dominated coalition of Sunni Arab rebel factions in the west and southwest. The Syrian government controls a strip of territory that snakes down toward its core areas in Hama, Homs, and Damascus, with another arm stretched up around the city itself.

Is Rebel-Held Eastern Aleppo Under Siege?

Yes.

In February of this year, government forces, backed by large numbers of Shia Islamist volunteers from Lebanon, Iraq, Afghanistan, and Iran, as well as by the Russian Air Force, managed to reach the two Shia Muslim towns of Nubul and Zahra, which are located on the edge of Kurdish­controlled territory in the northeast. This cut off rebel­held Aleppo from the northern countryside and its main supply line to Turkey, leaving only the road through Idlib to the west.

A United Nations­backed truce declared by Russia and the United States in March did little to stop the fighting, and the government now went to work to seal this exit, too. The Syrian army focused its fire on the area closest to Aleppo city, where the eastern half of the city was supplied through the so­called Castello Road, named after a hilltop restaurant overlooking it. The Castello Road was bombed and shelled and aid convoys were blocked from entering, but rebels could still sneak cars in and out of the city as late as June and July. Around July 17, however, the army took control of areas to the south and north of the road, allowing Assad’s troops to fire at anything moving and even venture onto the road itself.

This placed eastern Aleppo under siege, leading to an immediate spike in food and fuel prices. Humanitarian organizations warned of impending starvation among the population trapped there, estimated by the United Nations at 250,000 to 300,000. The army recently sent some aid deliveries into Aleppo and publicized a Russian­backed plan to evacuate civilians. But it is not at all clear that these efforts are sincere or, even if they are, sufficient to avert the looming humanitarian crisis. After years of shelling and bombardment of their neighborhoods, most people in Eastern Aleppo hate and distrust the government, and few seem to have sought to leave the city so far. Flush with confidence and clearly strengthened, the rulers in Damascus now seemed to think they were winning the war. But then things changed.

Is Government-Held Western Aleppo Under Siege?

Yes it is.

This is the result of an Islamist­led rebel counter­offensive further south, which began on July 31. Sunni fighters from the Aleppo and Idlib countryside

stormed western Aleppo, seizing key government strongholds such as the Artillery Academy and reaching the Ramouseh Roundabout on August 6. By doing so, they seemingly opened a corridor into the eastern half of the city and, simultaneously, placed Western Aleppo under siege. The government’s only supply line from central Syria had run along the main road in Ramouseh, where the rebels are now operating.

Even though on the map it might look as though the government forces have an alternative northern route at their disposal, through the Castello area just  west of the Kurdish enclave, the situation on the ground remains confused. Rebel artillery continues to pound government positions, and there does not seem to be a stable ground link between army positions north and south of the Castello Road. What’s more, since the Castello road networks run from east to

west, there is no good road that the government could use to divert traffic in a north­south direction, at least not on the scale needed to service Western Aleppo, which has a population many times larger than that of Eastern Aleppo.

Meanwhile, Eastern Aleppo remains mostly cut off from the countryside, despite the rebel and media reports that the siege has been broken. Government forces continue to fight on the fringes of the passage in Ramouseh, boxing in rebel positions like a modern­day Scylla and Charybdis. Even though the rebels may be able to sneak a few civilian convoys through the gap and can probably infiltrate fighters more easily, there are few secure paved roads available for heavier vehicles. To establish reasonably safe communications between Eastern Aleppo and the opposition­held countryside, the rebels would have to widen their flanks and push back government mortar and artillery batteries quite some distance.

In other words, both sides of Aleppo have now managed to place each other under siege, hands around throats in a deadly embrace that neither wants to release.

What Happens Now?

Conspiracy­minded followers of Syrian politics will of course see a hidden hand behind these events. The strangely symmetric double­siege of Aleppo emerged alongside high­level talks among the Americans, Russians, and Turks. Could it end up establishing a balance of terror that forces both sides to open their lines to civilian traffic and aid convoys?

Perhaps it could. But there is probably no need to over­analyze this. Russians, Americans, and Turks—and Iranians, Saudis, and others—have a pitiful track record of controlling their supposed proxies in Syria. They may think themselves masters of the Syrian chess board, but over the past five years they’ve moved their pieces with all the finesse of bumbling drunks in boxing gloves. The idea of an inscrutable international mastermind guiding events from behind the scenes is appealing, not least in tragic and chaotic circumstances like these, but it seems more like an opiate for the analysts than a reality.

In the case of Aleppo, what is going on is quite simple. Assad has always wanted to put Eastern Aleppo under siege and the rebels have always wanted to put Western Aleppo under siege. Through some combination of luck, hard work, and foreign support, they have now finally succeeded. What will most likely happen next is also simple. Barring some unforeseen international deal or other development, the Syrian government will muster all of its forces, be provided with additional Russian and Iranian backing, and set off for a punishing counteroffensive in the Ramouseh region. Unless the rebels have more suprises up their sleeve, or foreign powers are truly committed to keeping Western Aleppo under siege, they will probably succeed, too—as always, at great human cost.

Still, it remains possible that nimble American­Russian diplomacy could reach into this swirling chaos and salvage some useful agreement. They will certainly try, and perhaps we should wish for them to succeed.

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Dans les coulisses de la diplomatie française

Dans les coulisses de la diplomatie française

Nicolas Sarkozy, François Hollande : deux styles très différents sur le terrain diplomatique.
D’un côté, « Sarkozy, l’atlantiste et l’occidentaliste », qui fait la leçon à Obama, ami puis ennemi d’Assad et Kadhafi. De l’autre, « Hollande l’urgentiste », confronté au cynisme de Poutine et au lâchage d’Obama, s’impose en chef de guerre contre les djihadistes d’Aqmi au Sahel et les massacreurs de Daech en Irak.
Les nombreux faits et confidences « off » des principaux acteurs de la diplomatie et des Armées, rapportés par Xavier Panon, plongent le lecteur au cœur des négociations au sommet. Elles illustrent les rapports différents de Sarkozy et Hollande avec Angela Merkel, comme avec Pékin, Washington, ou le Qatar. Entre continuité et volonté de se démarquer, ils offrent le spectacle de deux présidents, l’un transgressif, l’autre consensuel, qui se veulent porteurs de valeurs « universelles » et d’un rôle mondial pour la France de « Charlie ».

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Du même auteur

Source : Dans les coulisses de la diplomatie française – Xavier Panon – Éditions l’Archipel

Attentat à Nice

Source : FIGAROVOX – Nice : après le temps de la cécité volontaire, réapprendre à défendre ce qui nous est précieux – Bouger les lignes.

Nous vous invitons à lire l’article de notre amie Caroline Galactéros qui rejoint l’Association France Syrie en vue de renforcer son pôle  » géopolitique et intelligence stratégique ».

Publié le par Caroline Galactéros

FIGAROVOX - Nice : après le temps de la cécité volontaire, réapprendre à défendre ce qui nous est précieux

Pleurer nos morts et ceux, touristes étrangers, qui ont chez nous perdu la vie, Oui. Se recueillir et leur rendre hommage, évidemment. Mais pour eux, pour tous ceux qui tomberont encore, passer enfin des paroles aux actes. Ouvrir les yeux en grand, prendre courage et aller au choc.

Un choc de lucidité en premier lieu.

Il ne s’agit pas d’accabler nos dirigeants. Mais sans doute doit-on les exhorter à quitter enfin les hauteurs de leurs certitudes satisfaites pour se confronter à la triste réalité. Nous ne sommes pas à bord du Titanic prêt à sombrer, regardant l’eau qui monte en état de sidération. Nous sommes la France. Nous pouvons encore redresser la barre. Il faut juste le vouloir enfin et le faire avec courage, lucidité et méthode. Des vertus qui paraissent en perdition elles aussi.

D’abord le diagnostic.

Le terrorisme islamique ne frappe pas seulement la France, pas seulement l’Europe. Il frappe le monde entier. L’Afrique a perdu plus de 20 000 personnes dans des attaques islamistes depuis 2002. La guerre est totale et globale. La problématique aussi. Comme la solution. Gageons que la présence à Moscou du secrétaire d’Etat américain Kerry marque une inflexion sérieuse dans la gestion de la crise au Moyen-Orient.

En Europe, depuis plus de 18 mois, notre pays est frappé, comme d’autres certes, mais clairement plus massivement que d’autres. Pourquoi? Car nous avons la première communauté musulmane d’Europe, qu’il s’agit elle aussi de sidérer pour la dominer et la retourner contre son pays d’accueil. Car nous menons au loin des actions militaires nombreuses et importantes, qui visent à contenir ou affaiblir certains foyers de l’islamisme conquérant. Cet activisme militaire sert malheureusement aussi de défausse à une politique étrangère brouillonne et incohérente. Une incohérence qui produit des fruits vénéneux. Nous combattons les islamistes au Mali, nous les soutenons en Syrie, nous hésitons en Libye. Nous tirons à hue et à dia. Mais nos forces armées loyales et vaillantes agissent légitimement en fonction de ces mandats politiques. Elles font des miracles avec des moyens trop comptés et sont sur tous les fronts d’une menace intérieure et extérieure dont le spectre s’étend toujours plus. Nos forces de police et de l’appareil de sécurité aussi sont courageuses, compétentes, et totalement dévouées à la protection du pays et de nos concitoyens. L’ennemi lui, observe cette posture combattante courageuse, mais mesure aussi nos ambivalences et nos soutiens contradictoires. Il sent enfin la faiblesse du politique face à l’emprise délétère d’un communautarisme que l’on n’ose plus endiguer et que l’on prend pour de la modernité politique. Alors la terreur mute. Daech, affaibli territorialement en Irak et en Syrie, donne de nouvelles consignes. «Ne venez plus ici ; Restez chez vous, et frappez chez vous. Des civils surtout».

L’emploi du véhicule comme arme avait aussi déjà été expressément conseillé par ses porte-parole. «Porter la guerre au Loin» était d’ailleurs déjà la stratégie d’Al-Qaïda, maison mère du Califat. Une preuve de plus que celui-ci n’est que la face spectaculaire d’une hydre gigantesque qui irrigue nos sociétés à divers niveaux et selon des modes de relation différents, et travaille au corps et au cœur une partie de notre jeunesse en mal de lien avec la nation. Des adolescents ou des jeunes hommes et femmes, chacun en mal d’identification à «quelque chose de plus grand que soi». Un destin commun, un faisceau de vertus et de principes de vie qui rassemble et inspire fierté et projets. C’est aussi cela qu’il faut reconstruire.

Cette terreur a de nombreux visages. Il y a ceux, de confession musulmane ou fraîchement convertis, qui reçoivent des ordres précis, des cibles et des «top départ» pour agir. Il y en a d’autres qui, chez nous ou ailleurs, «s’auto saisissent» d’un mandat de tuer et passent à l’acte sur impulsion ou opportunité, au terme d’une radicalisation – humaine ou de plus en plus souvent numérique – directe mais aussi diffuse, sans être «recrutés» sur le net ni exhortés personnellement à l’action. L’appel du djihad vient conforter, justifier leurs névroses propres, donner un sens à leur ressenti vertigineux d’une inutilité, d’un abandon, d’un égarement qui les «salit» en nos pays encore majoritairement «mécréants». Cela peut nous paraître fou, stupide, irréel. Mais ce sont des faits, aussi immatériels que concrets dans leurs tragiques conséquences. Nombre de ces djihadistes, petits délinquants ou «jeunes» plutôt intégrés, qui n’ont rien à voir avec «les damnés de la terre» auxquels nos bonnes âmes voudraient les identifier – pour les excuser ou pour s’excuser peut-être elles-mêmes de n’y rien comprendre – vivent en fait dans une schizophrénie glaçante. Ils grandissent et vivent au cœur de nos cités ou de nos campagnes, sans rien dévoiler de la rage qui les étreint, en lien avec leur voisinage, buvant, fumant, dissimulant leur dessein macabre sous un masque de normalité «laïque», fomentant ainsi leur passage à l’acte à l’abri de tout soupçon. Car ce sont des combattants, qui ont besoin de secret, d’une double vie pour propager la mort et échapper ainsi à la souillure des mécréants dans un martyr envisagé comme une échappatoire bénie.

Le pronostic ensuite. Il est très sombre si l’on persiste à ne pas mesurer la profondeur de l’emprise du mal sur notre société. Il y aura d’autres camions, d’autres voitures piégées ou folles, d’autres attaques kamikazes dans nos écoles ou nos bâtiments publics les plus symboliques. Il y aura toujours pire.

Le choc de l’action enfin.

Les symboles importent mais ne suffisent pas. Jamais. Après ce nouveau carnage il faut mettre en actes une politique ferme et sans pitié. Il faut enfin faire preuve d’autorité. Le manque de moyens? Evidemment. Il en faut plus, beaucoup plus pour traquer, déjouer et répondre à la violence qui cible notre pays. Mais les moyens ne suffiront pas. Et ce n’est pas comme on l’entend parfois, parce qu’il y a eu un nouvel attentat que les dispositifs mis en place sont inutiles! Qui peut oser par exemple dire que le dispositif Sentinelle n’a pas permis d’éviter bien d’autres attaques à Paris? Ces soldats sont lourdement protégés, armés, entraînés et très courageux. Les tueurs du Bataclan avaient soigneusement étudié et esquivé leurs positions… aucun dispositif n’est toutefois imparable et l’imagination du mal est foisonnante. Il faut en tout cas donner des ordres clairs et des règles d’engagement adaptées qui libèrent le courage et l’initiative de nos forces policières et militaires sur le territoire national. Il faut étendre le dispositif, le rendre très mobile, aléatoire et extrêmement coordonné. Il faut en finir avec les querelles territoriales des services de police et de gendarmerie, comme avec l’inhibition et cette autre schizophrénie du pouvoir qui parle de guerre, dénonce l’innommable, multiplie les déclarations martiales et se gargarise d’avoir assuré la sécurité de l’Euro, baissant immédiatement la garde en réduisant des effectifs de Sentinelle, certes comptés, de 10 000 à 7000 hommes. Sans prendre garde au message qu’il envoie ainsi à ceux qui guettent et en oubliant presque le terrifiant signal qu’a constitué le double meurtre d’un couple de policiers chez eux, à Magnanville. Il n’y a plus de limites ni de frontières à la terreur. Plus aucun tabou, plus aucune inhibition. Comment, dans un tel contexte, croire encore possible d’exorciser le mal en le niant? La guerre, que d’aucuns refusent même de nommer, est sans trêve. La France est ciblée car elle a peur. Peur de prendre des mesures répressives symboliques. Or, quel que soit le rapport de force, ce sont toujours les forces morales qui assurent la victoire.

Réapprendre à mourir pour vivre enfin. Réapprendre ce qui est précieux, ce qu’il faut aimer, le prix des idéaux, et les contraintes personnelles que les individus doivent tolérer pour pouvoir vivre pacifiquement ensemble, quelle que soit leur confession et entre confessions sur le territoire français. Nous sommes arrivés au stade terminal de la cécité volontaire, du déni de réalité, de la croyance dans le pouvoir des seuls mots, du refus de tirer les conséquences politiques d’une impuissance trop longtemps supportée voire encouragée.

Le pouvoir qui prendra la sécurité des Français en main dans quelques mois aura le devoir d’oser l’impopularité, d’affronter pressions et controverses et de prendre des mesures radicales pour protéger nos concitoyens et rétablir sans équivoque ni angélisme une claire autorité de l’Etat au service des principes et valeurs incarnés par notre nation. Celui qui est encore en place pourrait, devrait engager ce processus douloureux indispensable et assumer pleinement ses erreurs et ses défaillances. Il le doit aux Français de nouveau pris pour cibles.

A la guerre comme en amour, la peur n’évite pas le danger. Il faut assumer ce que l’on est, ce que l’on veut être. On peut résister à la tentation ou y succomber, mais en connaissance de cause. Aucune liberté ne vaut sans responsabilité.

La nouvelle diplomatie française au Moyen-Orient

Académie de Géopolitique de Paris

http://www.academiegeopolitiquedeparis.com/index.php?option=com_content&view=article&id=107:la-nouvelle-diplomatie-francaise-au-moyen-orient&catid=8&Itemid=101&lang=fr

Colloque International

La nouvelle diplomatie française au Moyen-Orient
23 Juin 2016 – 14H00 – 19H00

À LA SORBONNE  dans l’amphi Cauchy

Au 17 rue de la Sorbonne, traverser la Cour d’honneur, longer
l’amphi Richelieu par la droite et dans la Galerie Richelieu prendre
l’escalier F jusqu’au 3e étage où se trouve l’amphi Cauchy

Dans le cadre de ses analyses des grandes questions géopolitiques du monde d’aujourd’hui, l’Académie de Géopolitique de Paris, organise le jeudi 23 Juin 2016 de 14H00 à 19H00 à l’université de la Sorbonne, un colloque intitulé « La nouvelle diplomatie française au Moyen-Orient », à l’occasion duquel des personnalités de renom, académiciens, diplomates et des chercheurs spécialisés de la question apporteront leurs éclaircissements sur ce sujet.

L’objectif du colloque est d’analyser en profondeur l’évolution récente de la diplomatie française, en mettant en lumière ce qui a pu conduire le Quai d’Orsay et les responsables politiques gouvernementaux à donner une autre impulsion que celle qui l’avait précédée et qui avait caractérisée la recherche d’autonomie de la France vis-à-vis des têtes du condominium américano-soviétiques pendant la guerre froide, ainsi la continuité de sa politique arabe face aux stratégies anglo-saxonnes. Les contributions des intervenants permettront d’évaluer les effets, la crédibilité et l’avenir de cette nouvelle politique et de ces nouveaux développements sur la scène internationale, et ce, à l’égard des acteurs traditionnels et modernes, étatiques et non-étatiques.

L’Académie de Géopolitique de Paris reste fidèle à sa vocation d’animer librement des débats aux thématiques inédites et originales et c’est ainsi qu’elle a instruit que les travaux des meilleurs spécialistes sollicités reflètent l’indépendance et l’approche scientifiques de son comité d’organisation. Seront évoqués les raisons profondes de ces changements, voire bouleversements, qui ont conduit à de véritables renversements d’alliances pourtant traditionnelles et ancrées sur le long terme. L’intérêt de l’industrie d’armement pour les pays du Golfe Persique, un certain alignement sur le dispositif américain dans la zone et le mépris affiché pour certaines communautés alliées historiquement mais de peu de poids face aux enjeux financiers et de puissance, seront analysés. De même, la question de la légitimité de ce changement stratégique des acteurs français depuis quinze ans devra être posée notamment face à l’implication réelle de nombreux acteurs internationaux. L’Académie de Géopolitique de Paris fait le choix d’une approche pluridisciplinaire et bénéficiera d’expertises en pointe sur ce dossier

LE PROGRAMME

13h30 : Inscription

Première table ronde

Modérateur : Ali RASTBEEN, Président de l’Académie de Géopolitique de Paris

14h00 : Ali RASTBEEN, Président de l’AGP « La France et le Moyen-Orient »

14h15 : Professeur François GÉRÉ, Fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique, «  Où va la diplomatie française? »

14h30 : Sawsan Darwich, Journaliste libanaise, présentatrice du programme «  un regard sur le terrorisme » « La cohabitation problématique entre droits de l’Homme et intérêts économiques »

14h45 : François Belliot, Ecrivain et politologue «les relations franco saoudiennes du point de vue de la sécurité et de la défense »

15h00 : Débat.

15h15 : Fayçal Jalloul, Ecrivain et spécialiste du Monde arabe « Cinq ans de politique étrangère aux printemps arabes »

15h30 : EMMANUEL DUPUY, Président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), « La politique française vis à vis de l’Iran entre dessein d’un nouvel équilibre stratégique et stabilité régionale »

15h45-Talal ATRISSI, Doyen de l’école doctorale à l’Université de Libanaise, « La politique française dans le Golfe Persique »

16h00: Débat général.

Deuxième table rond

Modérateur :Philippe KALFAYAN, Juriste, consultant en droit international public et ancien secrétaire général de la FIDH

16h15 : Dr. Elias Lahham, Chef du service de chirurgie à l’hôpital français de Damas, Président du conseil d’administration du Forum National Syrien, « Les conséquences de la politique française en Syrie »

16h30 : Adel khalife, Professeur de Droit international public à l’université libanaise, Faculté de droit et sciences politiques, « la politique étrangère de la France à l’égard du Liban »

16h45 : Rene Naba, Ecrivain et journaliste, spécialiste du monde arabe,

« La France au Moyen orient : un demi-siècle d’infléchissements successifs : De la politique arabe, à la politique sunnite à la politique wahhabite »

17h00 : Débat.

17h30 : Bruno Guigue, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue  « La France et la Palestine »

17h45-Jean-Pierre Chevènement, Ancien Ministre d’Etat, de l’intérieur, de la Défense et de l’Éducation nationale, « La diplomatie française au Moyen-Orient »

18h00-Ana Gomes, Député du Parlement européen « La France et l’Union Européenne – Quelle diplomatie au Moyen   Orient? »

18h15 : Débat général.

18h45 : Conclusion : Christophe REVEILLLARD,

UMR Roland Mousnier CNRS/Université Paris-Sorbonne.

L’inscription est gratuite mais obligatoire avant le lundi 20 Juin
Il suffit de remplir le formulaire en cliquant ci-dessous :

Patrice Mouchon Président de l’AFS sera présent accompagné des membres du Conseil d’administration.

Colloque du 11 mars 2016 au Sénat: Détruire l’Etat Islamique et après ?

L’Association d’Amitié France Syrie en partenariat avec le Groupe d’Amitié France Syrie du Sénat présidé par le Sénateur Jean-Pierre Vial ont conçu conjointement le projet d’organiser un colloque sur la Syrie au Sénat.  Sur proposition de Monsieur le Président du Sénat, Monsieur Gérard Larcher, ce colloque a été élargi à la situation au Moyen-Orient et à celle des Chrétiens d’Orient. Le Président Patrice Mouchon est intervenu au nom de l’AFS à la fin du colloque. Pour une parfaite information du public, on trouvera ci-après le texte de cette intervention ainsi qu’un lien du Sénat sur les actes de ce colloque organisé par les différents groupes d’Amitié du Sénat, coorganisateurs de ce colloque qui a rencontré un vif succès. Nous espérons qu’il contribuera à favoriser les prises de conscience.

Texte de l’intervention du Président Patrice Mouchon Président de l’Association d’Amitié France Syrie

Monsieur le Président,
Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Mesdames, Messieurs,

Je tiens à vous remercier, Monsieur le Président, de nous permettre de prendre la parole, au nom de l’Association France-Syrie.

Nous regroupons des Français et des Syriens de toutes opinions.

C’est ce qui fait sa force.

Nous travaillons en étroite collaboration avec le Groupe d’Amitié France-Syrie du Sénat, présidé par le Sénateur VIAL, que nous remercions vivement.

De cette étroite collaboration est née l’idée de ce colloque et que s’est imposée la nécessité de faire connaître d’une manière plus objective, les réalités de cet épouvantable conflit que déchire ce pays, depuis 5 ans.

Il est maintenant avéré que l’issue de ce conflit ne sera pas militaire, mais politique.

Politique, signifie dans l’esprit de beaucoup de syriens, qu’un changement radical intervienne dans la position et l’attitude des puissances régionales et internationales, dans la position des opposants et du Gouvernement syrien.

La fixité des positions a conduit au désastre.

Bouger les lignes, c’est faire preuve d’intelligence au service du dialogue et de la paix.

Cette conférence autour de cette Syrie que nous aimons et voulons retrouver voire recréer doit, grâce à la collaboration d’éminents intervenants, dégager les lignes de forces qui mèneront à placer autour d’une table de négociation les protagonistes de ce drame, et surtout à préserver ce qui fait la spécificité de ce pays dans son environnement géographique instable, je veux dire la cohabitation harmonieuse de communautés et de confessions qui ont su suivre ensemble, pendant des millénaires.

A l’AFS nous souhaitons de tout cœur que ces objectifs soient atteints et que ce colloque marque d’une pierre blanche le début d’une prise de conscience pour arrêter ce massacre.

Monsieur le Sénateur VIAL, dans la lettre qu’il nous a adressée, Monsieur le Président a dit « Au cœur des civilisations arabo-musulmanes, la Syrie et l’Irak, ont montré depuis bientôt 14 siècles la capacité à faire vivre l’entente inter-religieuse dont l’enjeu est devenu un défi pour le Moyen-Orient, mais également pour l’Europe ».

Quant à Daesh et Jabhat an Nosra, je me contenterai de citer Ibn Arabi, mort à Damas en 1240.

« Mon cœur est devenu capable de prendre toutes les formes.
Il est pâturage pour les gazelles et couvent pour les moines.
Temple pour les idoles et Kaaba pour le pèlerin.
Il est les tables de la Torah et livre du Coran.
Il professe la religion de l’Amour, quel que soit le lieu vers lequel se dirigent les caravanes.
Et l’Amour est ma loi et l’Amour est ma foi ».

C’est toujours en s’élevant que les problèmes trouvent une solution.

Merci de votre attention.

Texte de Intervention de Patrice Mouchon au Sénat : http://francesyrie.org/wp-content/uploads/2016/03/Intervention-de-Patrice-Mouchon-au-Sénat.pdf

Actes du colloque: https://www.senat.fr/ga/ga137/ga137.pdf

Accueil de 25.000 réfugiés syriens en France

L’État se prépare à accueillir 24.000 réfugiés supplémentaires sur les deux prochaines années a annoncé François Hollande le 7 septembre. «C’est le devoir de la France, où le droit d’asile fait partie intégrante de son âme, de sa chair» a déclaré le chef de l’Etat. Jusqu’à présent, la France avait pris un engagement de principe pour l’accueil de 9.000 réfugiés et demandeurs d’asile. «J’espère que tous les Etats membres agiront avec le même courage» a salué la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Pour coordonner et organiser l’accueil de ces personnes, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a nommé un «coordinateur national»: Kléber Arhoul, qui était jusqu’à présent préfet délégué pour l’égalité des chances auprès du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais. «J’ai décidé de nommer un coordinateur national sur la question de l’accueil des réfugiés» a annoncé le ministre, le même jour.
 Comment la France se prépare-t-elle à accueillir les 24.000 réfugiés ?
 

Accueil des réfugiés syriens en France (4)

M. le Préfet Jean-Jacques Brot a succédé le 9 mars 2015 à M. Dominique Blais, en qualité de chargé de la mission de coordination pour l’accueil des réfugiés syriens et irakiens auprès du Directeur général des étrangers en France. Au cours d’un échange de vues le 5 mai avec le Président Patrice Mouchon et Didier Destremau, le Préfet a souhaité renforcer son partenariat avec l’AFS afin de mieux cerner les besoins et l’accueil des réfugiés syriens. Des actions communes sont envisagées comme la visite de réfugiés dans les régions où ils ont été accueillis et logés, avec l’aide des membres syriens de l’AFS afin qu’ils se sentent plus libres de s’exprimer sur leurs besoins et leur avenir.

Les membres qui souhaiteraient participer à cette action sont priés de se faire connaître.
Par ailleurs l’AFS a insisté sur l’impérieuse nécessité d’augmenter le quota officiel de l’accueil des réfugiés syriens en France  et surtout de développer les visas humanitaires et universitaires.
 
 Octroi de 3.450 visas depuis 2012 :
La France a accordé 3.450 visas à des réfugiés syriens depuis 2012, dont près de 500 en 2014, a déclaré le 30 avril le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, lors d’une rencontre à Paris avec le Haut-commissaire des Nations-Unis pour les réfugiés.
À l’issue d’un sommet européen extraordinaire consacré aux migrants en Méditerranée, le 23 avril, le président François Hollande avait affirmé que la France prendrait sa part de l’accueil de réfugiés syriens, à hauteur de « 500 à 700 » personnes.
En 2014, l’Union européenne a reçu 625.000 demandes de visas, (+44% par rapport à 2013) et la France en a quant à elle reçu 45.000 en 2014, (-2,2% par rapport à 2013), selon le ministère de l’Intérieur.
Crédit : AFP BERLIN, AFP/GIL/FH / AFP

Carte de la Syrie avec le nombre de réfugiés dans les pays voisins et de déplacés internes.
Voir nos fiches précédentes :
http://www.francesyrie.org/fr/le-dispositif-francais-de-l-asile-,article-258.html
http://www.francesyrie.org/fr/accueil-des-refugies-syriens-en-france-2-,article-280.html
http://www.francesyrie.org/fr/accueil-des-refugies-syriens-en-france-3-,article-281.html