Conférence de l’AFS « Le partage de l’eau : L’hydrodiplomatie » par Monsieur Brice Lalonde. Ancien ministre

L’AFS a le plaisir de vous inviter à participer à une vidéoconférence sur le sujet crucial de l’eau au Proche-Orient

« Le partage de l’eau : L’hydrodiplomatie »

 

Le mardi 30 avril 2024 à 19h00 (Heure de Paris).

Durée 1h15.

 

Intervenant:

 

Monsieur Brice Lalonde. Ancien ministre de l’Environnement (1988-1992) et président de l’institut Equilibre des Energies.

 

Coordonnées Zoom

https://cnrs.zoom.us/j/93492910474?pwd=ZkU1RkptM3oyUHdGWmVhYSsvelM2dz09

ID de réunion: 934 9291 0474

Code secret : kxBXS6

Il est conseillé de se connecter quelques minutes en avance.

La connexion sera ouverte à partir de 18h45.

 

N’hésitez pas à informer vous amis et à leur transmettre cette invitation.

 

A toutes fins utiles, vous trouverez ci-après un bulletin de cotisation pour 2024.

:Bulletin de cotisation 2024

 

Avec toute notre amitié.

Didier Destremau

Président de l’AFS

Ancien Amabassadeur

 

IN MEMORIAM : Décès du Dr Osmane Aïdi

Dr Osmane Aïdi

Le Dr Osmane Aïdi, décédé le 4 octobre à 89 ans, était issu d’une grande famille damascène de double culture arabe et française.

Son père, Ahmad Mounif Aïdi, médecin, qui fut l’un des fondateurs de la faculté de médecine de Damas en 1918, avait créé le premier lycée privé en Syrie, en 1907 pour les garçons et en 1931 pour les filles, avec un double enseignement arabe et français.

Le Dr Osmane Aïdi avait fait ses études supérieures en France : il était diplômé de l’École des Ingénieurs Hydrauliciens de Grenoble, devenue en 2008, École Nationale Supérieure de l’Energie, Eau et Environnement (Grenoble INP-ENSE3). Il obtint le doctorat d’État ès Sciences en Mécanique des Fluides de la Sorbonne, fin 1955.

Grâce à ses capacités techniques, il fut un homme de progrès en participant dès 1956 à la modernisation de la Syrie, dans des domaines aussi divers que l’hydraulique, les barrages, les systèmes d’irrigation, les centrales thermiques, l’électrification, l’eau potable, puis la construction d’hôpitaux.

Il réalisa avec la société Bouygues,  un  tunnel construit long de 11 km qui amène l’eau de la source Fijeh jusqu’à Damas permettant ainsi l’alimentation en eau potable de la capitale.

Toujours passionné par l’eau, l’hydraulique et ses applications (à travers les sociétés Études et Installations Hydrauliques créées en Syrie en 1997, puis SETI à Nîmes, et enfin IRRIFRANCE dont il a été le Président), le Docteur Osmane Aïdi a été un homme d’affaires international qui s’engageait personnellement et entièrement pour la réussite de ses entreprises.

Il fut également un capitaine d’industrie et un homme de développement, initiateur de l’expansion de l’hôtellerie en Syrie ; il créa à partir de 1977 dans les principales villes de Syrie, une chaîne d’hôtellerie de luxe, les Cham Palace (Damas, Alep, Bosra, Hama, Palmyre, etc.), puis en France, le Groupe Royal Monceau et l’Institut de Thalassothérapie de Port-Crouessy. A titre complémentaire, la société Cham Tours assurait le transport des touristes. Grâce à lui et à son savoir-faire, la Syrie devint une destination du tourisme culturel international dans les années 1990 et 2000.

Il fut enfin un homme de grande culture, car en plus d’être professeur d’Hydraulique tant à l’Université de Damas qu’à celle d’Alep, membre de l’Académie syrienne des Sciences, le Dr. Osmane Aïdi a été un érudit passionné et un esthète averti, profondément attaché à la culture méditerranéenne : il créa en 1988 la « Fondation Osmane Mounif Aïdi » pour la préservation du patrimoine et la promotion de la culture et des sciences, il contribua à la restauration du site hellénistico-romain de la ville d’Apamée, connu aujourd’hui pour ses portiques à colonnades encadrant une avenue dallée de 1850 m de longueur et sauva le site de Jerf AI Ahmar condamné à l’immersion par les eaux d’un barrage en construction sur l’Euphrate, au nord de la Syrie, là où naquit l’agriculture il y a près de 12.000 ans.

Malgré des temps particulièrement difficiles, le Dr Aïdi oeuvra inlassablement au rapprochement franco-syrien.

Il était Commandeur du Mérite Syrien, Commandeur de la Légion d’honneur française, Grand Officier du Patriarcat des deux Saints Pierre et Paul d’Antioche et de tout l’Orient et titulaire de la médaille de St Cyril et Methodius, la plus haute distinction bulgare.

L’Association d’Amitié France-Syrie et nombre de ses membres qui l’ont connu, garderont le souvenir d’un homme simple, cordial, dynamique, pugnace, compétent avec un grand charisme.  Tous les membres de l’AFS présentent leurs sincères condoléances à sa famille.

Ce texte a été publié par IRRIFRANCE.

Recrudescence de la violence en Syrie

La recrudescence de la violence en Syrie, combinée à la chute de son économie, rend les perspectives de plus en plus «sombres» pour les civils, ont estimé mardi 14 septembre des enquêteurs des Nations Unies.

« Après une décennie, les parties au conflit continuent de perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité et de porter atteinte aux droits humains fondamentaux des Syriens », a déclaré lors d’une conférence de presse le président de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie Paulo Pinheiro. « La guerre contre les civils syriens se poursuit et il leur est difficile de trouver la sécurité ou un refuge sûr dans ce pays ravagé par la guerre », a-t-il ajouté.

Dans leur dernier rapport couvrant la période du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021, les membres de la commission ont déploré qu’il n’y ait pas d’efforts pour réunifier le pays ou parvenir à une réconciliation, alors que les détentions arbitraires par les forces gouvernementales se poursuivent sans relâche.

« La situation générale en Syrie semble de plus en plus sombre », a déclaré Karen Koning AbuZayd, l’une des membres de la commission dans un communiqué. « Outre la violence qui s’intensifie, l’économie s’effondre, le lit des rivières de la Mésopotamie est au plus sec depuis des décennies, et la transmission communautaire généralisée du Covid-19 semble incapable d’être endiguée par un système de santé décimé par la guerre », a-t-elle ajouté. « Ce n’est absolument pas le moment pour quiconque de penser que la Syrie est un pays capable d’accueillir le retour de ses réfugiés », a-t-elle ajouté.

Le rapport a souligné que des dizaines de milliers de Syriens attendaient toujours désespérément des nouvelles de leurs proches disparus tandis que des dizaines de milliers d’autres étaient illégalement détenus. Les enquêteurs ont également déploré une recrudescence des combats dans le pays au cours de derniers mois, avec un retour à la «tactique du siège» comme à Deraa dans le sud, où le régime a encerclé des quartiers rebelles, a souligné le commissaire Hanny Megally.

Paulo Pinheiro a par ailleurs estimé « scandaleux » qu’environ 40.000 enfants, pour moitié irakiens et pour les autres d’une soixantaine de nationalités, soient toujours détenus à al-Hol et dans d’autres camps pour les déplacés et les familles de jihadistes en raison du refus de leurs pays d’origine de les accueillir. « Punir les enfants pour les péchés de leurs parents ne peut pas être justifié », a-t-il affirmé.

La commission doit présenter son rapport au Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 23 septembre. Les violences en Syrie ont fait près d’un demi-million de morts et déplacé des millions de personnes depuis le déclenchement du conflit en 2011.

Sources: https://news.un.org/fr/story/2021/09/1103622

Décès du docteur Wallid al Moallem, ministre des Affaires étrangères de la République Arabe Syrienne

Décès Walid Al Moallem

« Nous publions l’article de Monsieur l’ancien Ambassadeur Michel Raimbaud paru dans la revue Afrique Asie le 16 novembre 2020. Cet article n’engage que son auteur et ne saurait engager l’AFS qui de par ses statuts est liée par une obligation de neutralité et d’indépendance ».

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Préalablement à cet article, nous publions ici le message de condoléances envoyé par le Président Didier Destremau aux autorités diplomatiques syriennes.

« L’association d’Amitié France-Syrie (AFS) s’associe à la peine du peuple syrien pour la disparition du docteur Wallid al Moallem, son ministre des Affaires étrangères. Elle reconnait le rôle éminent que cet ardent patriote a tenu pendant des années difficiles, et ses qualités de sang-froid et de courtoisie dans ses rapports humains. L’AFS regrette qu’il se soit éteint sans avoir connu la paix pour laquelle il a inlassablement œuvré ainsi que le rapprochement de son pays avec la France qui est le vœu le plus cher de notre association ».

Réponse de Mr Mohammad ABU DALLA (Chargé d’Affaires a.i)

« Monsieur Didier Destremau,

Je vous remercie infiniment pour vos condoléances que vous avez bien voulu m’adresser suite à la disparition de M. Walid AL MOUALEM, Vice – Premier ministre, ministre des Affaires étrangères de la République arabe syrienne.

J’étais très touché ainsi que la famille de notre cher disparu et le gouvernement syrien par les marques de sympathie et d’amitié, que vous nous avez témoignées dans ces moments difficiles.

Je saisis cette opportunité pour vous adresser en mon nom personnel et au nom de l’équipe de l’Ambassade mes sincères remerciements d’avoir pris part à notre peine et je vous souhaite bonheur et bonne santé.

Cordialement,

Mohammad ABU DALLA (Chargé d’Affaires a.i) »

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Par Michel Raimbaud

Rarement on aura vu un ministre des affaires étrangères mériter à tel point son nom. D’un calme olympien, toujours maître de lui-même, ayant le sens de la répartie brève mais incisive, il était par excellence le professeur, le maître, celui qui enseigne. Courtois et ferme, c’était également un diplomate né, et bien né. Lire la suite….

Alep: Guerre, sanctions, Corona, César, crise économique et quoi encore?

lettre-dalep

L’AFS vous recommande la lecture de l’article du docteur Nabil Antaki, publié sur Arrêt sur info, le 1er juillet 2020, qui décrit d’une manière poignante la situation des Syriens oubliés par tout le monde.
L’AFS a entrepris depuis 2 ans d’interpeler la communauté internationale afin que cessent les mesures d’embargo contre le peuple syrien.

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Français English

Le peuple syrien ne sait plus à quel saint se vouer.

Les drames se suivent, ne se ressemblent pas mais aboutissent au même résultat : celui de continuer à faire souffrir la population syrienne qui ne demande qu’à vivre dignement dans la paix.

Commençons par la guerre. Elle dure depuis plus de neuf ans.

Elle a fait des centaines de milliers de victimes et une dizaine de millions de déplacés internes et de réfugiés, a poussé un million de personnes à l’exil, a détruit l’infrastructure de la Syrie et a ruiné un pays qui, autrefois, était paisible, sûr, stable et prospère. Lire la suite…

En cours…

 

 

 

 

L’appel d’une syrienne au monde : « soyez humains, levez les sanctions » !

Source: Michel Raimbaud, le 3 avril 2020

Mme Noomah Ali, journaliste à la télévision syrienne, vient d’écrire, « de la part de tous les Syriens », une lettre dans laquelle elle interpelle « le Monde »…

Vous en trouverez ci-après le texte dans une traduction libre, mais qui se veut fidèle.

La Syrie, après avoir résisté face au fléau terroriste, saura venir à bout de la pandémie Covid-19

Citation :

En tant que Syriens, avec vous nous faisons face au coronavirus…Mais, savez-vous que depuis 2011 nous affrontons seuls tous ces pays puissants qui marchent aux côtés de l’Amérique…Il faut ajouter, et c’est une grosse affaire, qu’un petit virus invisible à l’œil nu nous oblige à rester confiné à la maison, nous interdit de sortir, de travailler, nous obligeant à mettre en veilleuse notre volonté de vivre. Et cela alors qu’il y a toutes ces attaques terroristes, ces organisations takfiristes, de Da’esh à « Al Nosra » et « Ahrar Al Sham », de Machin et Truc &Cie et tout le bataclan, avec tout le sinistre bilan de leur terrorisme, de leur traîtrise : ils ont massacré, coupé les têtes, dévoré les cœurs des soldats de l’armée syrienne, fait rôtir les têtes, écorché vif…. Ils ont organisé le commerce d’organes, pris les femmes en captivité, vendu des êtres humains sur les marchés aux esclaves, pratiqué le nettoyage confessionnel, cultivé le mensonge, l’hypocrisie, réduisant à presque rien les fondamentaux à respecter : des coupures d’électricité aux pénuries de carburant, jusqu’à l’incendie des récoltes de blé et l’abattage des oliviers.

Avec l’arrivée du coronavirus, l’économie syrienne est complètement confinée…

Mais l’État syrien n’a pas décrété de couvre-feu, n’a pas décidé de fermer les marchés, n’a pas cherché à instiller la crainte dans les esprits par précaution ou pour mettre en garde. Peuple pacifique, nous n’avons pas eu peur et notre détermination n’a pas faibli…Bien au contraire nous avons fait face, dans la solitude, en silence et avec fierté ; chez nous, les martyrs en cohortes sont plus nombreux que les victimes du coronavirus. Malgré tout cela, ô toi, ce Monde que j’interpelle, tes paupières n’ont pas cillé…

 

J’ai de la compassion pour l’Italie, j’ai de la compassion pour l’Espagne, mais est-ce que les peuples de ces pays ont eu de la compassion pour la peur qui est mienne, le froid dont je souffre, la maladie qui me frappe, moi Syrien, citoyen d’un pays qui est encore en guerre…J’ai de la compassion pour les Américains, mais est-ce que les Américains ont la moindre compassion pour moi, citoyen syrien assiégé économiquement et réduit à la pauvreté que l’on sait, tandis que l’Amérique tire bénéfice des sanctions économiques sans cesse alourdies qui nous sont imposées à nous les Syriens, alors que lever ces sanctions nous permettrait au moins de résorber les pénuries dans le secteur sanitaire. Peut-être pourrions-nous vaincre ce virus américain ???

Je compatis avec tout être humain, pour la simple raison que je suis syrien. Pour moi, le message délivré il y a des millénaires par Baal le dieu syrien, loin d’être superficiel, était destiné à rester pour l’éternité (« Brise ton sabre, prends ta pioche et suis-moi afin que nous semions l’amour et la paix au centre de la terre. Tu es syrien et la Syrie est le centre de la terre »).

Et nous à l’heure qu’il est, dans cette confrontation mondiale, nous souhaitons la paix au monde entier. Nous affrontons ce virus avec courage, le même courage qui nous a permis d’affronter celui qui est accusé de l’avoir créé (l’Amérique). Et j’aimerais ajouter ceci : au moment où les Européens, les Américains et les Arabes du Golfe se retrouvent en confinement forcé, ils doivent remarquer que l’électricité ne leur est pas coupée, qu’ils ont du pain et qu’ils disposent de tous les aliments essentiels au renforcement de leur appareil immunitaire.

Ils ne manqueront pas de noter également que moi-même, en tant que citoyen syrien, je ne dispose pas de toutes ces choses simples dont ils bénéficient dans leur lieu d’isolement sanitaire. Et ce n’est pas tout, car j’ai aussi un frère, ou un père ou un mari « au front », combattant les groupes terroristes que les pays précités soutiennent. Et en raison du confinement, du couvre-feu et des mesures de précaution, ce combattant si cher à notre cœur ne peut plus, même lors de ses « permissions », retrouver les siens, sa mère ou son fils…

Mon mot de la fin, soyez humains, levez les sanctions pour tous les pays et mettez fin à toutes vos guerres contre tous les pays. Cessez de fabriquer des armes et tournez-vous vers l’humanité, car la condition humaine est la plus belle et la plus pure des conditions que l’on puisse trouver sur terre. Assez de sang versé !!

Fin de citation

Noomah Ali, journaliste syrienne

 

Je ne connais pas Noomah Ali, mais son texte m’a profondément touché. Car ce n’est pas seulement un cri du cœur, c’est également un rappel à la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, sans fard et sans exagération, loin des prudences diplomatiques, des mensonges médiatiques, des artifices politiques et des pirouettes intellectuelles.

On ne saurait reprocher à une journaliste syrienne travaillant à Damas de rappeler que son pays fait face depuis 2011 à une guerre sauvage organisée par l’Amérique et ses alliés, dénoncés sans ambages. Si elle n’en rappelle pas le bilan effrayant — pas moins de 400°000 morts, environ deux millions de blessés, estropiés et handicapés, et une bonne douzaine de millions de réfugiés ou déplacés – son énumération des crimes commis est impressionnante et édifiante. Elle ne fait pourtant que rappeler la stricte vérité, si bien occultée par les hypocrites, et sa dénonciation des criminels devrait rafraîchir les mémoires qui flanchent.

Oui, le coronavirus est un fléau inquiétant qui fait déjà bien des dégâts, et n’a pas fini d’en faire. Mais, quel que soit son impact en Syrie, où il a fait son apparition, il n’effacera pas les immenses malheurs d’une guerre entrée dans sa dixième année, même s’il tend à les occulter, comme c’est déjà le cas – et plus que jamais par ces temps coronariens – dans le paysage médiatique de nos rivages, amnésique après avoir été envahi si longtemps par le mensonge et le déni de justice.

Qui donnerait tort à Madame Noomah de mettre en lumière le deux poids deux mesures systématique qu’affectionnent les professionnels de la compassion, une compassion à sens unique puisque les malheurs de l’Occident sont les seuls à être universels. Son appel vibrant à l’Amérique et à ses alliés pour que soient levées « les sanctions contre tous les pays » et qu’il soit mis un terme à toutes les guerres, devrait trouver un écho chez les hommes et femmes de bonne volonté, pour qui le virus de la guerre est au moins aussi dévastateur que celui des pandémies.
Oubliée du côté de chez nous, la guerre des sanctions menée contre la Syrie (ou d’autres pays) par l’Amérique et ses laquais est une guerre invisible, excellent prétexte pour n’en pas voir le bout. Elle n’est pas moins impitoyable que l’affrontement militaire qui, selon toute vraisemblance, tire à sa fin. Elle est illégale, infâme, criminelle.

C’est une insulte à l’humanité du monde. Elle doit cesser immédiatement et sans délai et sans conditions. Il restera encore aux agresseurs à s’occuper de leurs affaires, ne serait-ce que de cette pandémie mystérieuse qui sème le chaos au sein du désordre et le trouble dans toutes les certitudes.

SYRIE : ENTRETIEN TELEPHONIQUE ENTRE ASSAD ET LE PRINCE HERITIER D’ABOU DHABI

Source: AFP

Le président syrien Bachar al-Assad et le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane, ont eu vendredi un entretien téléphonique, a rapporté l’agence officielle syrienne Sana, une première depuis le début du conflit en Syrie en 2011.

Citant la présidence syrienne, Sana a fait état d’un « entretien téléphonique entre le président Assad et le prince héritier d’Abou Dhabi (…) axé sur les conséquences de la propagation du nouveau coronavirus (…) » durant lequel le responsable émirati a assuré M. Assad de « l’appui des Emirats arabes unis au peuple syrien durant ces circonstances exceptionnelles ».

Sur son compte twitter, le prince héritier d’Abou Dhabi a confirmé l’information, relayée également par l’agence officielle du riche émirat du Golfe.

« J’ai discuté avec le président syrien (…) des derniers développements liés (à la maladie) Covid-19. Je l’ai assuré du soutien des Émirats arabes unis et de la volonté d’aider le peuple syrien », a-t-il écrit.

« La solidarité humanitaire pendant les temps difficiles l’emporte sur toutes les considérations, et la Syrie et son peuple ne seront pas seuls », a ajouté le responsable émirati.

Sept ans après avoir rompu leurs relations diplomatiques, les Emirats arabes unis ont rouvert leur ambassade à Damas en décembre 2018.

La Syrie avait été mise au ban du monde arabe dès fin 2011, et des pays, notamment du Golfe, avaient rappelé leurs ambassadeurs, pour protester contre la répression sanglante menée par le pouvoir de Damas contre des manifestations pro-démocratie, avant de soutenir pour certains l’opposition en exil et les rebelles armés.

La Syrie, ravagée par neuf ans de guerre, a signalé jusqu’ici cinq cas de contamination au nouveau coronavirus. Les organisations humanitaires craignent une « catastrophe » en cas de propagation de l’épidémie.

 

La Chine appelle à la levée immédiate des mesures Coercitives unilatérales contre la Syrie

NEW YORK (Nations Unies), 30 mars (Xinhua) — Un envoyé chinois auprès de l’ONU a appelé lundi à la levée complète et immédiate des mesures coercitives unilatérales imposées à la Syrie, ajoutant que les sanctions nuisent aux efforts de lutte de ce pays vulnérable contre la pandémie du COVID-19.

« Nous exigeons la levée complète et immédiate des mesures coercitives unilatérales », a affirmé Zhang Jun, représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, également président du Conseil de sécurité pour le mois de mars, lors d’une réunion en vidéoconférence du Conseil à propos de la situation en Syrie.

« Nous sommes très préoccupés par l’impact négatif qu’ont les sanctions unilatérales sur la capacité des pays à répondre à la pandémie, en particulier pour les pays vulnérables comme la Syrie », a-t-il déclaré. « Les civils et les innocents souffrent gravement de ces sanctions ».

Mr Zhang a indiqué que la Chine soutient l’appel du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à cet égard.

« Notre position a été expliquée en détail dans la récente lettre conjointe avec la Russie, entre autres, adressée au secrétaire général. Nous espérons que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires se joindra à la voix du secrétaire général et du Haut-commissaire aux droits de l’Homme à ce sujet », a souligné M. Zhang.

A propos de la situation en Syrie, le diplomate chinois a rappelé que depuis que la Russie et la Turquie s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu au début du mois, la situation sécuritaire dans le nord-ouest du pays s’était considérablement améliorée.

« Nous apprécions leurs efforts diplomatiques et encourageons les parties concernées à poursuivre la mise en œuvre du cessez-le-feu », a-t-il dit.

« Nous avons toujours soutenu une solution politique au conflit en Syrie. Nous apprécions les efforts méticuleux de l’envoyé spécial (Geir Pedersen) et nous l’encourageons à continuer de faciliter le dialogue entre les parties syriennes, vers un processus politique inclusif dirigé par la Syrie et contrôlé par elle, conformément à la résolution 2254 (des Nations Unies) », a déclaré M. Zhang.

« Nous réitérons que l’avenir du pays doit être décidé par le peuple syrien, sans ingérence étrangère », a-t-il conclu.

Confrontation Syrie / Turquie

Turkey said Thursday that an airstrike by the Syrian government killed 29 of its soldiers in Idlib, a war-torn province in northwestern Syria that has become the site of an increasingly volatile military confrontation among Ankara, Damascus and Moscow.

The death toll was the highest for Turkish forces in a single day since Turkey began ramping up the deployment of troops to Idlib this month to block a Russian-backed Syrian military offensive.

Turkish President Recep Tayyip Erdogan convened an emergency meeting of his top security officials Thursday night, local media reported.

Fahrettin Altun, Erdogan’s spokesman, said Turkey would “retaliate against the illegal [Syrian] regime, which pointed their guns at our soldiers.”

Turkey has been trying to halt a rapid advance by the Syrian army across Idlib province and nearby areas, which have been held by rebels opposing the government of Syrian President Bashar al-Assad. The province is largely controlled by an extremist group that once was formally associated with al-Qaeda.

The Syrian offensive has sparked a massive humanitarian crisis and sent hundreds of thousands of displaced Syrians fleeing toward the Turkish border. Russia, which is the Syrian government’s principal ally, has carried out airstrikes to aid the Syrian advance and provided Assad’s forces with other military support.

Turkey has called for the restoration of a de-escalation agreement between Ankara and Moscow and threatened to take further military action if Syrian forces do not withdraw from areas they have captured in Idlib. But negotiations between Ankara and Moscow over the past month aimed at securing a cease-fire have faltered.

The Washington post

L’offensive de l’armée syrienne et russe sur Idleb

AFP, publié le lundi 17 septembre 2018 à 17h11

Le président russe Vladimir Poutine tentait lundi de lever les réticences de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan concernant l’offensive que compte lancer le régime de Bachar al-Assad, avec l’aide de l’armée russe, à Idleb, dernier bastion rebelle de Syrie.

La rencontre entre les deux chefs d’Etat, dont les pays sont des acteurs-clefs du conflit syrien, a commencé peu avant 12H00 GMT dans la station balnéaire de Sotchi, sur la mer Noire.

Elle intervient moins de deux semaines après leur sommet avec le président iranien Hassan Rohani à Téhéran, où leurs divergences étaient apparues au grand jour, poussant la Russie à repousser l’offensive d’Idleb pour éviter une rupture avec Ankara.

« Nous avons beaucoup de sujets à discuter et certains d’entre eux sont difficiles », a déclaré M. Poutine, en accueillant son homologue turc à Sotchi. « Je suis ravi de vous voir non seulement pour échanger nos avis, mais aussi pour chercher des solutions là où elles n’ont pas encore été trouvées », a-t-il souligné.

Pour sa part, M. Erdogan a estimé que cette rencontre se solderait par une déclaration incarnant « un nouvel espoir » pour la région, sans plus de précisions.

Plus fidèle allié de Bachar al-Assad, la Russie semble pressée d’en finir avec la rébellion syrienne et était le plus fervent avocat d’un assaut d’ampleur sur Idleb lors du sommet de Téhéran.

Si la Turquie soutient pour sa part les rebelles syriens, la province d’Idleb est contrôlée à 60% par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), composé notamment de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie et considéré comme un groupe « terroriste » par Ankara.

« La situation est tendue avec Idleb », a reconnu lundi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse russe Ria Novosti, évoquant des « différences d’approche » entre les deux pays sur le sort de ce dernier fief de l’opposition armée au président Bachar al-Assad.

Depuis le sommet de Téhéran, d’intenses tractations ont donc eu lieu entre Turcs et Russes pour tenter de parvenir à un compromis, l’objectif principal pour Ankara étant de parvenir à neutraliser le HTS tout en évitant le lancement d’une vaste offensive.

 – Diminution des bombardements –

L’enjeu est double pour la Turquie : Ankara veut d’une part éviter un nouvel afflux de réfugiés syriens provoqué par une offensive d’envergure, alors que le pays a déjà accueilli plus de trois millions de Syriens depuis le début du conflit.

D’autre part, la Turquie s’inquiète du sort de centaines de soldats turcs déployés dans douze postes d’observation établis à Idleb pour veiller au respect de la « désescalade » mise en place par le processus d’Astana, entamé en janvier 2017, ainsi que des groupes de rebelles syriens « modérés » qu’elle soutient.

Dimanche, la Turquie a envoyé des renforts militaires, composés essentiellement de chars et d’autres équipements militaires, vers l’un de ses postes d’observation dans la province d’Idleb, selon le quotidien Hürriyet.

Début septembre, le régime de Damas et l’aviation russe avaient multiplié les bombardements sur Idleb pendant plusieurs jours, mais les frappes ont diminué d’intensité la semaine dernière.

« Ce qu’on présente en ce moment comme le début d’une offensive des forces syriennes soutenue par la Russie n’est pas une représentation fidèle des faits », a déclaré la semaine dernière le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l’occasion d’une visite à Berlin.

« Nous travaillons activement avec nos partenaires turcs pour régler la situation à Idleb », a-t-il ajouté, précisant que la Russie fera tout « pour s’assurer que la population civile ne souffre pas ».

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 360.000 morts. L’intervention en septembre 2015 de l’armée russe aux côtés du régime syrien a changé le cours de la guerre et permis au régime de remporter d’importantes victoires militaires.