Conférence de Komait ABDALLAH

Conférence de Komait ABDALLAH

Dans le cadre de notre partenariat avec

l’Association Troubadours

nous sommes heureux de vous annoncer la conférence de

Komait ABDALLAH

Il nous parlera de

« Les mosaïques byzantines

de l’église de Oqeirbāt

(Syrie Centrale) »

 

Nous comptons sur votre présence

A la Maison des Associations du 12e arrondissement
181 Avenue Daumesnil 75012 Paris
♦ ♦ ♦
Jeudi 19 décembre 2019 à 19h

Confirmation : ass.troubadours@free.fr

Conférence de Anna Caiozzo

Conférence de Anna Caiozzo

Dans le cadre de notre partenariat avec

l’Association Troubadours

nous sommes heureux de vous annoncer la conférence de Anna Caiozzo.

Il nous parlera de

« L’art des Grands Saljoukides
entre innovation, acculturation
et identité nomade »

 

Nous comptons sur votre présence

 

A la Maison de la Vie Associative et Citoyenne 12e
181 Avenue Daumesnil 75012 Paris
♦ ♦ ♦
Mardi 21 Mai 2019 à 19h

 

Conférence de Fabrice Balanche

À l’issue de son Assemblée générale du 3 avril 2019 à partir de 20H,
Salle Germaine Tillon Patronage laïque Jules Vallès,
72, avenue Félix Faure 75015 Paris, (M° Boucicaut)

l’Association d’Amitié France Syrie

vous convie à la conférence donnée par

Monsieur Fabrice Balanche,
géographe, spécialiste de la géographie politique de la Syrie,
du Liban et du Proche-Orient en général et Maître de conférences HDR à l’Université Lyon 2
et Chercheur associé au Washington Institute.

sur le thème :

« État des lieux en Syrie à la lumière des nouvelles donnes géopolitiques ».

 

L’entrée est libre dans la limite des places disponibles

Exposition: Le Crac des Chevaliers

Exposition "Le Crac des Chevaliers" commentée par Manar HammadVisite guidée
de l’exposition

Le Crac des Chevaliers

Chroniques d’un rêve de pierre
Commentée par
Manar Hammad

 

Jeudi 20 Décembre 2018
à 16h 30

 

A la Cité de l’Architecture
Galerie des moulages- Salle Viollet-le-Duc
1 place du Trocadéro et du 11 novembre – Paris 16e

Métro Iéna ou Trocadéro

 

 

Groupe est limité à 25 personnes, merci de confirmer votre présence au plus vite, à ass.troubadours@free.fr
Frais de visite 10 €

 

Conférence de Madame Annie Caubet

Conférence - L’émergence de l’image du divin dans la statuaire du Proche-Orient ancien 4e et 3e millénaireDans le cadre de notre partenariat avec

l’Association Troubadours

nous sommes heureux de vous annoncer la conférence de Madame Annie Caubet

elle nous parlera de

« L’émergence de l’image du divin dans la statuaire du Proche-Orient ancien 43millénaire »

 

http://www.asstroubadours.fr/Troubadours/Conference.html

 

 

À la Maison de la Vie associative et Citoyenne 12e
181 avenue Daumesnil 75012 Paris
♦ ♦ ♦
le 6 décembre 2018 à 19 h

 

Nous comptons sur votre présence

 

Récital CLAVECIN & CHANT LYRIQUE

Récital CLAVECIN & CHANT LYRIQUE

Ghislaine GIGNOUX, clavecin
Alexandra BOUTROLLE, chant

 

Vendredi 30 Novembre 2018 à 19h 30

Foyer de Grenelle
17, rue de l’Avre- 75015 Paris

Le récital sera suivi d’une collation amicale

 

Programme

  • MONTEVERDI,
  • CACCINI,
  • PURCELL,
  • CESTI,
  • LEGRENZI,
  • LULLI (XVII ème) & HAENDEL
  • ET SCARLATTI (XVIII ème)
Clavecin seul
  • Mouvements de danse de PURCELL, HAENDEL et sonates de SCARLATTI
Chant
  • Airs extraits d’opéras baroques
Participation aux frais 10 € pour le concert
Pour une meilleure organisation, merci de confirmer votre présence à

 

décès du poète Georges RIZKALLAH

Notre ami Frédéric Pichon chercheur et professeur en géopolitique,spécialiste de la Syrie, nous a fait part du décès du poète araméen de Maaloula, Georges Rizkallah, qui fut l’un des pionniers de la revitalisation du folklore araméen dans le Qalamoun.

Frédéric Pichon précise qu’il fut un précieux informateur lors de ses enquêtes de terrain en Syrie. Il lui avait raconté que jeune professeur d’anglais, il avait été muté à Qamishli dans les années 70 et que le spectacle des traditions syriaques encore vivaces dans cette région l’avait fait réfléchir sur la propre identité « araméenne » de son village, en voie d’extinction à cette époque.
الله يرحمو

Antonia Nasr

لو ثكنيت غيلدة وغورموا………وذقني ثكنت شايبة
بت نسكل ندحكل قورموا …….مرايش الشنة بعصليبا
خسرنا عملاق اللغة الآرامية الذي فنى حياته ﻹعادة إحيائها.
الله يرحمك أستاذنا الكبير جورج رزق الله
اسمك خالد في تاريخ معلولا ومنقوش على جبالها ووديانها …… وسوف تتناقله الأجيال على مدى الدهر. لقد مت بالجسد ولكنك ستبقى في قلوبنا .
فليكن ذكرك مؤبدا + + +

Paix à son âme.

Les « Monuments Men » syriens, en guerre culturelle contre l’État islamique

May Abdulhak  nous transmet un excellent article paru sans « L’Orient Le Jour » sur la mobilisation des Syriens pour la sauvegarde leur patrimoine.  Ce combat est admirable ,c’est une nouvelle illustration de la résilience de ce peuple qui démontre qu’il saura se relever et reconstruire leur Syrie unitaire. 

ENQUÊTE

Illustration Yvan Debs

Illustration Yvan Debs

Face aux pillages de tout bord, certains professionnels de l’art et du patrimoine choisissent l’exil, d’autres se font «douaniers », du côté des Kurdes.

Valentine LEROY | L’Orient Le Jour

08/04/2017

En 2012, ils œuvraient dans l’ombre, hébergés dans des hôtels insalubres de la frontière turque. La reconnaissance de leur travail leur vaut aujourd’hui un tout autre décor. Sous les bruits incessants des klaxons beyrouthins, les cliquetis des pinceaux à dépoussiérer et quelques bruissements de tissus se font répétition générale d’une guerre culturelle, celle menée par des Monuments Men* syriens contre l’État islamique (EI).

Dans les locaux de l’Unesco, plus de 400 professionnels du patrimoine syrien, répartis en plusieurs sessions de trois à cinq jours depuis 2014, ont appris à manier divers outils avec une précision chirurgicale afin de sauver les pièces syriennes menacées par les pillages. Des formations nécessaires « pour éviter de faire plus de mal à ces objets qu’on ne leur en a déjà fait », souligne, interrogé par L’Orient-Le Jour, Robert Bewley, directeur de projet et cofondateur de Eamena, programme de préservation des sites archéologiques menacés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Financés par l’Unesco, en partenariat avec Icomos, CyArk et Heritage for Peace, ces entraînements comprennent un programme complet fondé sur la préservation et le recensement du patrimoine syrien. « Les professionnels apprennent à prodiguer les gestes de premiers secours et à déplacer ces objets fragilisés par la guerre, le tout avec un minimum de moyens », explique M. Bewley. Ces enseignements vont du plus infime coup de pinceau sur les objets au scanner 3D portatif, ou à la photogrammétrie pour le recensement des monuments bâtis. Sur le terrain syrien, pas le droit à l’erreur, il faut se faire discret et efficace.

 « Si je me fais arrêter… »
Le mouvement est lancé en août 2012, suite à une explosion dans le quartier général du ministère de la Défense, à Damas. Maamoun Abdulkarim, directeur général des antiquités et musées de Syrie, pense alors à s’enfuir, par sécurité pour sa famille, avant de demander l’avis de sa fille, qui l’arrête : « Je n’ai pas envie que mes amies pensent que mon père est un lâche. » C’est décidé, ils restent. M. Abdulkarim lance alors l’évacuation des musées, une initiative qui permet de sauver, entre août 2012 et mars 2015, 99% du contenu de 34 établissements, selon le rapport de Heritage for Peace publié en mars cette année. « Les musées sont les premières victimes de la guerre », explique-t-il. Une vision partagée par Leila**, coéquipière de M. Abdulkarim, Monuments Woman et archéologue syrienne, interrogée par L’OLJ : « Certains diront que les dommages causés aux sites syriens font partie de leur histoire, je pense que les sauver fait partie de nos devoirs. » Les 300 0000 pièces récupérées sont alors cachées dans des coffres scellés aux alentours de Damas, dans des endroits tenus secrets.

Ces hommes et femmes risquent leur vie pour le patrimoine syrien. Quinze personnes l’ont ainsi perdue dans ces missions de sauvetage, selon Maamoun Abdulkarim. « Si je me fais arrêter, on me retrouvera probablement sur le marché, pas celui de l’art, celui de l’esclavage sexuel », confie Leila. Pour favoriser la réussite de ces missions, la Direction générale des antiquités et des monuments travaille avec les autorités internationales, mais également locales, telles que la police, les gouverneurs, les municipalités, les universités et associations privées, et d’autres entités de la sphère publique à Damas, Palmyre, Homs, Hama, ou encore Deir ez-Zor. Tous ont leur rôle dans l’encadrement de ces missions.

« Mon choix est fait »
Maamoun Abdulkarim, initiateur des Monuments Men en Syrie, insiste sur la nécessité de coopérer avec les forces militaires dans les zones à haut risque. « Je suis accepté comme scientifique dans certaines zones de Syrie, comme au Nord, où mes origines kurdes permettent de me faire entendre par les habitants. Pour les zones à risque, notamment au Sud, on s’entoure de forces militaires, mais je sépare le politique du scientifique. » Ce partenariat avec les forces du régime syrien en rebute toutefois plus d’un. C’est le cas d’Ayman*, archéologue syrien et Monuments Man, témoin des méfaits de certains soldats. « On parle de fouilles illégales ; moi, ce que j’ai vu, c’était du pillage, ni plus ni moins », martèle, à L’OLJ, le professionnel. C’est d’ailleurs ce qui l’a poussé à abandonner la mission de sauvetage du patrimoine et à opter pour l’exil. « J’avais le choix entre dénoncer ce que j’ai vu sans avoir l’assurance de changer cette réalité, ou me protéger et abandonner une mission qui ne sera jamais complétée à mes yeux. J’ai une famille, mon choix est fait », explique-t-il, déçu.

Face aux dérives de toutes les parties au conflit, Tayssir, également Monuments Man, a choisi le camp des Kurdes, « douaniers » de la frontière nord de la Syrie. Il empêche les pièces syriennes de sortir du pays, dernière étape avant que celles-ci ne se retrouvent sur le marché noir de l’art. Il croise donc régulièrement les pilleurs et note leur profil. D’après Tayssir, les soldats de l’EI ne sont pas les seuls à profiter de la guerre pour orchestrer des pillages. « Quand la communauté internationale pointe l’État islamique du doigt, ça en arrange plus d’un, qui en profitent pour faire leur marché sur les sites syriens », lance-t-il, amer, à L’OLJ. « On a arrêté plus de 15 000 objets à ce jour, on essaye d’empêcher toute pièce du patrimoine syrien de sortir du pays. Parce que, quand cela arrive, il y a de grandes chances pour qu’on ne les retrouve jamais », explique-t-il.

Marché noir
Les pilleurs constituent le premier échelon d’une immense hiérarchie de trafiquants. Les pièces récupérées sur le territoire de l’État islamique (EI) doivent être soumises au préalable à l’avis d’un chef local, qui peut choisir de les détruire ou de les laisser au pilleur après avoir récupéré une compensation financière, auquel cas ce dernier ne touchera qu’une infime partie du prix de vente final de la pièce. Ces objets soumis au marché noir passent de main en main dans de nombreux pays de transit tels que le Liban, Israël ou encore la Jordanie, avant d’atterrir aux États-Unis, au Japon ou, plus rarement, en Europe.
Qu’ils soient avec Maamoun Abdulkarim, du côté des Kurdes ou en exil, les Monuments Men ont œuvré et œuvrent encore contre ces pilleurs, préservant ainsi le patrimoine de la Syrie. Mais la majorité des œuvres pillées se trouve maintenant hors de Syrie, dans les réseaux du marché noir de l’art (lire ci-contre).

*Les Monuments Men sont des sauveurs d’art en temps de guerre. Ils ont eu droit à un buzz énorme en 2014 avec le film Monuments Men de George Clooney, adaptation du livre éponyme de Robert M. Edsel, paru en 2009.

**Les prénoms ont été modifiés.

Le Dark Web, théâtre du marché noir artistique de l’EI
Installé en Turquie depuis le début du conflit syrien en 2011, Bassem pianote sur le clavier de son ordinateur, sourire en coin. Du haut de ses 29 ans, le jeune Syrien s’est spécialisé dans la recherche de trafiquants de pièces syriennes sur le Dark Web, face cachée de la toile où se regroupent les plus grands réseaux de trafic au monde, mais également bête noire de l’organisation internationale de police criminelle Interpol. En partenariat avec l’Unesco, cette dernière cherche à identifier et intercepter les pièces syriennes pillées puis revendues sur le « dark web ».

Seulement, la nature de ce sous-ensemble de la toile rend la traque hasardeuse, et le recensement des pièces, difficile. « Accéder au Dark Web requiert une expérience en informatique plus qu’avancée et un large réseau dans le milieu, explique Bassem, contacté par L’Orient-Le Jour via Skype. Il faut d’abord télécharger un logiciel bien particulier, puis un VPN, mais surtout, il faut connaître l’adresse de la page visée. » Le Dark Web est constitué d’un ensemble de pages non indexées, c’est-à-dire introuvables via un moteur de recherche. On estime l’ampleur de celui-ci à plus de 600 téraoctets de données, soit plus de 90% de l’ampleur totale du web. Qui plus est, par un système d’onion rooting et d’adresses IP impossibles à tracer, les visiteurs des sites contenus sur cette facette de la toile semblent échapper à toute autorité. « Il est difficile de quantifier l’ampleur de ce trafic.

Ce que l’on sait, c’est qu’il nous faudra des dizaines d’années et autant de millions de dollars pour espérer récupérer certains de ces objets ou ornements », explique à L’OLJ Édouard Planche, chargé du programme de lutte contre ce commerce illicite des biens culturels à l’Unesco. Pour cela, l’organisme compte sur le soutien financier des États, de l’Union européenne, mais également de fondations privées. « Malheureusement, il y a certaines pièces que l’on ne retrouvera jamais », souligne-t-il.

Financer le terrorisme
Bassem a fait de cette vision fataliste sa motivation. « Jamais je ne me résoudrai à abandonner cette mission pour le patrimoine syrien. C’est mon histoire qui est en jeu, je sais me servir du Dark Web, j’ai mon réseau, je le mettrai à profit pour retrouver les pièces pillées autant que je le pourrai », affirme-t-il.

Ce génie de l’informatique a ainsi réussi à identifier plusieurs pièces pillées sur des sites syriens, qu’il a par la suite référencées via la centralisation de données concernant les pièces syriennes disparues, une initiative de l’Unesco et de ses partenaires. Pour les reconnaître, Bassem s’aide des listes rouges de l’ICOM, qui délivrent une typologie de pièces provenant de zones pillées. Aubaine pour ces Monuments Men du net, calvaire pour le marché noir, ces listes rendent presque impossible la revente de pièces telles que les bustes de Palmyre, que l’on ne trouve nulle part ailleurs. « J’ai pensé un temps à acheter les pièces que je trouvais, mais la monnaie du Dark Web, le bitcoin, connaît un cours tellement haut que ce n’était financièrement pas possible, explique Bassem. Et puis, je me suis vite rappelé qu’acheter ces pièces, c’est financer le terrorisme. »

« Les sortir du cercle de l’EI »
D’autres n’ont pas vraiment les mêmes scrupules. Ni les mêmes intentions. C’est le cas de Hady*, un collectionneur beyrouthin que L’Orient-Le-Jour a rencontré et qui possède notamment un buste de Palmyre. À ses yeux, l’œuvre passe pour un simple « investissement sur le long terme ».
« J’attends que cette histoire de pillage se tasse, pour ensuite le revendre une fortune », dit-il, assez fièrement. Financer une entité terroriste pour des besoins personnels ne stoppe pas l’appétit du collectionneur. « Je ne suis pas un terroriste, je préfère me voir comme une sorte de sauveur d’œuvres d’art, puisque je les sors du cercle de l’EI », explique-t-il. Hady conserve en moyenne un quart des œuvres réceptionnées et fait de ce trafic son fond de commerce. Pour parvenir à ses fins, il redouble d’effort en matière de précautions. Une fois l’accord scellé avec le vendeur, il lui transmet l’adresse de son coursier, un homme qu’il « paye pour mettre son adresse et son nom sur cette livraison ». « Si quelqu’un intercepte le colis, c’est lui qui tombe », résume Hady. Les intermédiaires ne connaissent pas sa véritable identité. Du Dark Net à son hangar, il utilise de multiples identités, toutes falsifiées. Ces transactions lui valent, selon les critères d’Interpol, le statut de trafiquant à échelle mondiale, ce qui ne l’arrête pourtant pas dans sa quête, insatiable. « C’est une vraie drogue, entre l’adrénaline face au risque de se faire prendre, et le besoin de collectionner », ajoute-t-il.
Ce commerce se présente comme une « véritable bombe à retardement », selon Édouard Planche. Le cœur de la lutte contre le trafic d’antiquités syriennes se tiendra en effet d’ici à une dizaine d’années, lorsque les pillages ne seront plus qu’une page tournée du passé syrien.
En attendant, Basem, cyber-Monuments Man, continue de pianoter.

 

« Tempête sur le Grand Moyen-Orient » Par Michel Raimbaud

Recension du livre de Michel Raimbaud par Didier Destremau, Administrateur de l’AFS en charge des Relations Extérieures.

Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France en Mauritanie, au Soudan, et au Zimbabwe, a publié un ouvrage intitulé « Tempête sur le Grand Moyen-Orient». Il en explique ainsi la teneur : « En raison de sa position stratégique aux confins de l’Eurasie, autant que par sa richesse en gaz et pétrole,
cette immense « ceinture verte» islamique détient un potentiel de puissance considérable et constitue un enjeu majeur. De son devenir, mis en question par la tempête actuelle, dépend en bonne partie la physionomie de notre monde de demain.»

Quant au titre, il dit qu’il a intitulé son livre « Tempête sur le Grand Moyen-Orient » parce que cela ne concerne pas seulement le Moyen-Orient géographique mais il s’agit du Grand Moyen-Orient au sens donné par les néoconservateurs américains. Pour eux, affirme-t-il, le Grand Moyen-Orient est extensible au gré des pulsions américaines, parce que ce sont les Américains qui l’ont modelé pour lui donner l’extension qu’il a maintenant.»

Ces affirmations quelque peu péremptoires donnent d’emblée le ton de l’ouvrage, plaidoyer à charge contre Washington qui aurait fabriqué des révolutions clés en main, les Printemps arabes, tous synonymes de mort, de destruction et de chaos. Pour M Raimbaud, le début de cet imbroglio ne date pas de 2011, avec la Tunisie, mais de 1991, avec la chute de l’Union Soviétique. La question n’est pas le regard que l’on porte sur le bilan de l’Union Soviétique au plan national ou plan international, mais sur le fait, selon lui incontestable que ce grand bouleversement géopolitique fait passer la planète d’un monde bipolaire, celui de la Guerre froide, à un monde unipolaire, celui de l’Ouest. C’est donc l’Occident qui va prétendre incarner la communauté internationale à lui seul alors que les autres pays, les anciens pays communistes, les non-alignés, les pays du Sud étant priés finalement de se soumettre ou de se démettre. S’ils se rebellent, ils sont qualifiés d’États voyous ou d’États parias !

Beaucoup de sang musulman a coulé depuis la machiavélique mise en scène du 11 septembre 2001, date choisie pour favoriser l’érection d’un Nouvel ordre international, le Grand Moyen-Orient qui, extensible au gré des pulsions américaines, s’étend désormais de l’Atlantique à l’Indonésie.

Après avoir évoqué les raisons objectives de l’effilochement de l’URSS et les inconséquences de Saddam Hussein lors de son invasion du Koweït, (du reste encouragé par les Américains…) M Raimbaud souligne que Al Qaïda a été créée par les USA, les Saoudiens et les Pakistanais pour lutter contre les Soviétiques en Afghanistan. Certes, il n’y a jamais eu de collaboration entre Al Qaîda et Saddam Hussein, et cette proclamation de GW Bush fut une escroquerie par laquelle tout commence. C’est ensuite, le démantèlement de la Yougoslavie pour réduire la zone d’influence russe, puis le Soudan, harcelé pour obtenir sa partition 15 ans plus tard, et la Somalie qui se retrouve divisée en trois ou quatre États. La troisième guerre du Golfe aboutira au démantèlement de l’Irak que suit, logiquement, l’offensive contre la Syrie présentée comme un État dangereux.

C’est donc après les attentats de 2001 que George Bush aurait mis en œuvre sa doctrine du Grand Moyen-Orient auquel il faut imposer la démocratie par la force. Washington annonce clairement la couleur, avec une liste de pays à déconstruire afin de les mettre hors d’état de nuire aux intérêts américains.

On le constate, M Raimbaud n’y va pas de main morte qui, destine son livre à tous ceux qui s’intéressent aux peuples arabes et/ou musulmans, à leur histoire et leur avenir. On peut ne pas partager son interprétation des événements, mais on doit admettre que, visant le public des personnes désireuses de comprendre les événements actuels et de démystifier ce vieux monde où l’on sème si facilement la mort et la destruction au nom du Bien, si ce n’est au nom de Dieu, il se montre assez convaincant.