L’Économie syrienne en 2010

2010 a été pour l’économie syrienne une année de consolidation des progrès enregistrés durant les années précédentes. Après les soubresauts de 2008 et 2009, la plupart des indicateurs macroéconomiques ont retrouvé le rythme des années 2000. La croissance du secteur privé est encore tiré par les progrès du secteur tertiaire (banque et tourisme notamment) mais devraient se propager à l’ensemble de l’économie. La modernisation de l’Etat et l’assainissement des finances publiques poursuit enfin son cours et devrait contribuer à une amélioration globale de l’environnement des affaires.
Un Bon rythme de croisière
Après un ralentissement de la croissance à 4% en 2009, le rythme de progression du PIB est revenu en 2010 à 5% et devrait se poursuivre avec 5,5%
en 2011 selon le FMI.
Il en va de même pour l’inflation qui, après le bond de 15,2% de 2008 et le petit 2,18% enregistré en 2009 se stabilise à 5%, ainsi que
pour le déficit commercial qui est revenu selon le FMI à 3,9% du PIB après avoir atteint 4,5% en 2009.
En effet, le volume des échanges retrouve quasiment le niveau de 2008 après une légère inflexion en 2009. Importations et exportations ont ainsi toutes les deux progressé de 12%.
Le déficit commercial se maintient à 4,5% du PIB mais est compensé par une hausse de l’excédent de la balance des paiements de 40%
(tirée par l’augmentation des rémittences de la diaspora et des revenus du tourisme). Au final la balance des paiements affiche un solde légèrement négatif à 0,9% du PIB (+400 millions d’euros).
Le développement du secteur tertiaire tire la croissance :
Ce retour à la croissance est tiré par le développement des activités tertiaires et notamment de la banque et du tourisme.
Avec une hausse du portefeuille de prêts total de 14,7% entre 2009 et 2010, le secteur bancaire confirme la dynamique de croissance observable depuis l’ouverture au privé en 2004. Avec l’arrivée de deux nouveaux acteurs en 2010, le marché compte désormais quatorze banques privées dont trois islamiques mais reste encore dominé par les six banques publiques qui détiennent les ¾ des actifs. Le secteur bancaire a d’importantes marges de progressions car la Syrie est un pays encore largement sous-bancarisé (avec une agence pour 45 000 habitants).
 Le tourisme a rapporté quant à lui en 2010 plus d’un milliard d’euros en devise. Le nombre de visiteurs aurait progressé de 50% par rapport à 2009, avec un contingent européen de plus en plus important.
Le bilan du secteur secondaire est en revanche plus mitigé. Si les quatre cités industrielles du pays (Adra, Hessia, Cheikh Najjar et Deir Ez Zor) ont reçu près de 7 milliards d’euros d’investissement en 2010, les industries traditionnelles du pays peinent à faire face à la concurrence des produits importés massivement de Turquie avec la mise en oeuvre progressive de l’accord de libre échange. La production textile a par exemple diminué de 80% entre 2009 et 2010.
Enfin, l’année a été catastrophique pour la production agricole. Les cultures de blé ont été touchées par la maladie de la rouille brune qui n’a permis de récolter que la moitié de la quantité espérée.
La mise en place des chantiers du XIe plan quinquennal
Cette année 2010 a vu la modernisation de l’environnement des affaires, avec l’adoption en mai du code du travail et l’ouverture des secteurs des télécommunications et de l’électricité  à l’investissement privé.
D’autres chantiers de réformes devraient voir le jour dans le courant de l’année 2011 tels que l’adoption d’une loi encadrant les contrats de Partenariats Public Privé, où l’installation de l’Agence Nationale de Planification Régionale (calquée sur le modèle de la Datar française).
2011 est également l’année ou commence le XIe plan quinquennal qui a fait de la modernisation des infrastructures, une priorité de l’investissement public.
Sur le plan des finances publiques enfin, le modeste déficit budgétaire de 4,5% du PIB (par rapport aux 6,5% programmés) permet au pays d’atteindre un niveau d’endettement externe particulièrement bas (9,1% du PIB). Afin d’exploiter au mieux cette importante capacité d’emprunt, le gouvernement a émis au mois de décembre les premiers titres de la dette publique, sous la forme d’abord de bons du Trésor à 3 mois, puis à 1 et 5 ans d’échéance.
La modernisation de ces outils de création de dette (notamment la mise en place d’un marché secondaire pour ces titres et l’ouverture à davantage de catégories
d’investisseurs) devrait aider l’Etat à financer au mieux les projets d’investissement du XIe plan.

.(in Lettre de Syrie, service économique de l’Ambassade de France. Janvier 2011. FMI.).

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