Communiqué de l’AFS en raison de la pandémie liée au coronavirus

Amis syriens, amis de la Syrie,

Tout laisse à penser que la crise sanitaire que nous traversons va durer. Tout laisser à penser aussi que les préoccupations de nos gouvernants sont, aujourd’hui, à cent lieues de notre souhait de voir les relations entre Paris et Damas, s’améliorer et redevenir « normales ». Qu’elles sont concentrées sur notre pays qui souffre et non sur les affres que connaissent nos amis syriens.

Rien de nous empêche de manifester notre solidarité envers les Syriens qui continuent à endurer depuis neuf années les dures souffrances d’une guerre atroce et qui doivent également lutter, comme nous, contre le Covid 19 qui risque de faire des ravages en Syrie par manque de moyens dû à l’embargo sur les médicaments et les produits de première nécessité, mais aussi par insuffisance des structures hospitalières qui pour de nombreuses d’entre elles ont été détruites par la guerre.

C’est dans ces moments qu’il faut faire preuve de générosité et de solidarité envers les Syriens par l’entremise des associations humanitaires de votre choix opérant en Syrie.

Cela ne signifie en rien qu’il faut abandonner nos objectifs ou croire qu’ils sont devenus hors de portée. Le court et moyen terme est une chose et le long terme, celui qui façonnera notre avenir, une autre qui demeure beaucoup plus importante.

Il nous faut donc nous préparer et pour cela serrer les rangs, grandir, justifier notre existence, fourbir nos arguments et élargir le champ de nos contacts.

Certes, il peut paraître abusif en ces temps turbulents où chacun se calfeutre, applique les règles édictées pour se cuirasser et protéger les autres de penser à ce pays lointain ! Mais justement, confinés comme nous le sommes, nous pouvons réfléchir, échafauder des méthodes afin que la normalité revenue, nous soyons en ordre de bataille.

Confinement ne veut pas forcément dire isolement, alors envoyez-nous vos témoignages, vos idées, vos écrits, vos photos, que nous publierons dans la mesure du possible sur notre site et sur les pages de nos réseaux sociaux.

Inventons un monde meilleur, donnons de la profondeur au mot amitié.

Veillez à votre santé, condition sine qua non pour l’efficacité de notre association

Tenons bon !

 

Patrice Mouchon                                                    Didier Destremau
Ancien Président de l’AFS                                        Président de l’AFS

Confrontation Syrie / Turquie

Turkey said Thursday that an airstrike by the Syrian government killed 29 of its soldiers in Idlib, a war-torn province in northwestern Syria that has become the site of an increasingly volatile military confrontation among Ankara, Damascus and Moscow.

The death toll was the highest for Turkish forces in a single day since Turkey began ramping up the deployment of troops to Idlib this month to block a Russian-backed Syrian military offensive.

Turkish President Recep Tayyip Erdogan convened an emergency meeting of his top security officials Thursday night, local media reported.

Fahrettin Altun, Erdogan’s spokesman, said Turkey would “retaliate against the illegal [Syrian] regime, which pointed their guns at our soldiers.”

Turkey has been trying to halt a rapid advance by the Syrian army across Idlib province and nearby areas, which have been held by rebels opposing the government of Syrian President Bashar al-Assad. The province is largely controlled by an extremist group that once was formally associated with al-Qaeda.

The Syrian offensive has sparked a massive humanitarian crisis and sent hundreds of thousands of displaced Syrians fleeing toward the Turkish border. Russia, which is the Syrian government’s principal ally, has carried out airstrikes to aid the Syrian advance and provided Assad’s forces with other military support.

Turkey has called for the restoration of a de-escalation agreement between Ankara and Moscow and threatened to take further military action if Syrian forces do not withdraw from areas they have captured in Idlib. But negotiations between Ankara and Moscow over the past month aimed at securing a cease-fire have faltered.

The Washington post

Les Kurdes de Syrie : Entre le marteau turc et l’enclume russo-syrienne (Fabrice Balanche)

Prochaine séance du séminaire

Violence & Dogme : Territoires et représentations de l’islam contemporain

Mardi 26 novembre 2019 de 19H00 à 21H00

École Normale Supérieure

en Salle des Actes – 45 rue d’Ulm

Les Kurdes de Syrie : Entre le marteau turc et l’enclume russo-syrienne

Intervenant :

Fabrice Balanche

Maître de conférences HDR à l’Université Lyon 2 Chercheur associé au Washington Institute

 

Séance modérée par

Gilles Kepel

Professeur à l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL) Directeur de la Chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure

&

Bernard Rougier

Professeur à l’Université Paris III – Sorbonne Nouvelle Membre Senior de l’Institut Universitaire de France Directeur du Centre des Études Arabes et Orientales de l’Université Paris III – Sorbonne Nouvelle

 

Fabrice Balanche fondera son exposé sur son séjour passé dans le Nord-Est de la Syrie au début du mois octobre 2019, concomitant de l’offensive turque dans la région et de la décision de Washington d’en retirer ses troupes.

Pour des raisons impératives de sécurité et de limitation du nombre de places, il est obligatoire de s’inscrire, en nous indiquant votre nom et votre profession ou affiliation universitaire, par retour de mail à l’adresse suivante :

gilleskepel.ulm@gmail.com

 

Les mosaïques byzantines de l’église de ‘Oqeirbāt (Syrie Centrale)

Dans le cadre de notre partenariat avec

l’Association Troubadours

nous sommes heureux de vous annoncer la conférence de

Komait ABDALLAH.

Il nous parlera de

« Les mosaïques byzantines
de l’église de ‘Oqeirbāt
(Syrie Centrale) »

Nous comptons sur votre présence

A la Maison des Associations du 12e arrondissement
181 Avenue Daumesnil 75012 Paris ♦ ♦ ♦ Jeudi 19 Décembre 2019 à 19h
 
 

Conférence de Madame Annie Caubet

Conférence - L’émergence de l’image du divin dans la statuaire du Proche-Orient ancien 4e et 3e millénaireDans le cadre de notre partenariat avec

l’Association Troubadours

nous sommes heureux de vous annoncer la conférence de Madame Annie Caubet

elle nous parlera de

« L’émergence de l’image du divin dans la statuaire du Proche-Orient ancien 43millénaire »

 

http://www.asstroubadours.fr/Troubadours/Conference.html

 

 

À la Maison de la Vie associative et Citoyenne 12e
181 avenue Daumesnil 75012 Paris
♦ ♦ ♦
le 6 décembre 2018 à 19 h

 

Nous comptons sur votre présence

 

Conférence de Mme Annick Neveux-Leclerc : « Les accords Sykes-Picot »

Map of Eastern Turkey in Asia, Syria and western Persia

Map of Eastern Turkey in Asia, Syria and western Persia

Dans le cadre du partenariat entre

l’Association d’Amitié France Syrie
et
l’Association Cœur & Action pour la Syrie

nous avons le plaisir de vous inviter à la conférence donnée par Madame Annick Neveu-Leclerc sur le thème :

« Quand sur les décombres de l’Empire Ottoman, Français et Britanniques présidaient à la genèse des frontières du Proche Orient ».

 

Conférence « Les Accords Sykes-Picot »

Maison fraternelle 37 rue Tournefort 75005 Paris
♦ ♦ ♦
Le 30 novembre 2018 à 20h

 

L’offensive de l’armée syrienne et russe sur Idleb

AFP, publié le lundi 17 septembre 2018 à 17h11

Le président russe Vladimir Poutine tentait lundi de lever les réticences de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan concernant l’offensive que compte lancer le régime de Bachar al-Assad, avec l’aide de l’armée russe, à Idleb, dernier bastion rebelle de Syrie.

La rencontre entre les deux chefs d’Etat, dont les pays sont des acteurs-clefs du conflit syrien, a commencé peu avant 12H00 GMT dans la station balnéaire de Sotchi, sur la mer Noire.

Elle intervient moins de deux semaines après leur sommet avec le président iranien Hassan Rohani à Téhéran, où leurs divergences étaient apparues au grand jour, poussant la Russie à repousser l’offensive d’Idleb pour éviter une rupture avec Ankara.

« Nous avons beaucoup de sujets à discuter et certains d’entre eux sont difficiles », a déclaré M. Poutine, en accueillant son homologue turc à Sotchi. « Je suis ravi de vous voir non seulement pour échanger nos avis, mais aussi pour chercher des solutions là où elles n’ont pas encore été trouvées », a-t-il souligné.

Pour sa part, M. Erdogan a estimé que cette rencontre se solderait par une déclaration incarnant « un nouvel espoir » pour la région, sans plus de précisions.

Plus fidèle allié de Bachar al-Assad, la Russie semble pressée d’en finir avec la rébellion syrienne et était le plus fervent avocat d’un assaut d’ampleur sur Idleb lors du sommet de Téhéran.

Si la Turquie soutient pour sa part les rebelles syriens, la province d’Idleb est contrôlée à 60% par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), composé notamment de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie et considéré comme un groupe « terroriste » par Ankara.

« La situation est tendue avec Idleb », a reconnu lundi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse russe Ria Novosti, évoquant des « différences d’approche » entre les deux pays sur le sort de ce dernier fief de l’opposition armée au président Bachar al-Assad.

Depuis le sommet de Téhéran, d’intenses tractations ont donc eu lieu entre Turcs et Russes pour tenter de parvenir à un compromis, l’objectif principal pour Ankara étant de parvenir à neutraliser le HTS tout en évitant le lancement d’une vaste offensive.

 – Diminution des bombardements –

L’enjeu est double pour la Turquie : Ankara veut d’une part éviter un nouvel afflux de réfugiés syriens provoqué par une offensive d’envergure, alors que le pays a déjà accueilli plus de trois millions de Syriens depuis le début du conflit.

D’autre part, la Turquie s’inquiète du sort de centaines de soldats turcs déployés dans douze postes d’observation établis à Idleb pour veiller au respect de la « désescalade » mise en place par le processus d’Astana, entamé en janvier 2017, ainsi que des groupes de rebelles syriens « modérés » qu’elle soutient.

Dimanche, la Turquie a envoyé des renforts militaires, composés essentiellement de chars et d’autres équipements militaires, vers l’un de ses postes d’observation dans la province d’Idleb, selon le quotidien Hürriyet.

Début septembre, le régime de Damas et l’aviation russe avaient multiplié les bombardements sur Idleb pendant plusieurs jours, mais les frappes ont diminué d’intensité la semaine dernière.

« Ce qu’on présente en ce moment comme le début d’une offensive des forces syriennes soutenue par la Russie n’est pas une représentation fidèle des faits », a déclaré la semaine dernière le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l’occasion d’une visite à Berlin.

« Nous travaillons activement avec nos partenaires turcs pour régler la situation à Idleb », a-t-il ajouté, précisant que la Russie fera tout « pour s’assurer que la population civile ne souffre pas ».

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 360.000 morts. L’intervention en septembre 2015 de l’armée russe aux côtés du régime syrien a changé le cours de la guerre et permis au régime de remporter d’importantes victoires militaires.

Quelle est la situation des droits de l’homme aujourd’hui dans le monde ?

L’AFS vous recommande la lecture de cet article du Monde paru  le 4 août 2018.

Le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Zeid Ra’ad Al-Hussein, achève son mandat le 1er  septembre. Le diplomate jordanien de 54 ans dénonce dans un entretien au  Monde » l’ascension continue de l’autoritarisme, la continuation des rhétoriques populistes, les mensonges, les demi-vérités et les tromperies « .

Quelle est la situation des droits de l’homme aujourd’hui dans le monde ?

La pression sur les droits universels est une évidence. Les mécanismes et les lois sur les droits de l’homme doivent être défendus et promus en permanence. Tandis qu’on voit des progrès dans certains pays, comme récemment l’ouverture très encourageante aux droits civils et politiques en Ethiopie, on voit les terribles crimes perpétrés par des groupes extrémistes violents, on voit l’ascension continue de l’autoritarisme, la continuation des rhétoriques populistes, les mensonges, les demi-vérités et les tromperies. On voit la mise en cause de la nature universelle des droits de l’homme. Alors c’est une lutte. L’avancée pour le progrès humain a toujours été une lutte. Et j’ai le sentiment que l’accumulation des crises a atteint un point qui en fait un problème charnière.

Les atteintes aux droits de l’homme concernent donc à la fois des pays totalitaires et des pays démocratiques ?

Aucun pays n’est totalement exempt de violations des droits de l’homme. Aucun n’est totalement exempt d’un déficit concernant l’un des trois critères fondamentaux nous permettant de mesurer le comportement d’un pays : des gens sont-ils discriminés, des gens sont-ils malmenés, des gens vivent-ils dans la peur ? Je ne pense pas que quiconque puisse prétendre qu’il y ait de gouvernement parfait.

L’universalité des droits de l’homme est sans cesse remise en cause. Pourquoi les valeurs que vous défendez seraient-elles universelles ?

Si vous acceptez l’idée qu’il existe suffisamment de points communs entre êtres humains qui nous identifient comme étant une espèce, alors l’idée que nous naissons libres, que nous naissons avec le même droit d’accès aux droits humains, est une évidence.

Mon expérience est que, quand on parle aux victimes de violations des droits de l’homme, ils savent tous que les droits de l’homme sont universels. Il n’y a que ceux qui violent les droits de l’homme qui trouvent des excuses dans les traditions, les cultures, les circonstances. J’ai entendu les témoignages de victimes de beaucoup de pays, sur tous les continents, et ça ne varie pas : si vous avez souffert une perte, si un membre de votre famille a été détenu arbitrairement, s’il a disparu, s’il a été torturé, si quelqu’un a été privé de sa vie ou de sa liberté, la souffrance est identique.

La montée des populismes et des atteintes aux droits de l’homme dans des pays démocratiques, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, est-il un phénomène nouveau ?

Non. L’idée d’imposer aux autres un programme basé sur sa seule nationalité, en ne respectant aucune règle, l’idée que chacun devrait être  » le premier « , que ce soit  » America first  » ou  » n’importe qui first « , est une vieille idée qui a déjà donné des résultats catastrophiques. L’idée de créer un sentiment de peur au sein de peuples déjà anxieux des changements autour d’eux, l’idée d’évoquer une menace qui viendrait d’au-delà des frontières ou de minorités, sont de vieilles tactiques. Et ce n’est pas du génie : on sait que ça fonctionne à court terme, que ça peut faire gagner une élection.

Mais les conséquences à long terme sont catastrophiques. Une fois qu’un nationalisme s’est réellement implanté, le seul moyen d’en venir à bout est à travers le conflit. Vous ne pouvez pas créer un sens d’exceptionnalisme ou de supériorité au sein d’une société et dire un beau jour :  » Au fait, nous nous sommes trompés, nous sommes tous égaux et avons les mêmes droits. «  C’est pourquoi cette politique est extrêmement risquée. Le fait de voir l’autoritarisme revenir dans des parties du monde que l’on pensait acquises aux règles démocratiques, aux droits civiques et au respect des droits de l’homme, est profondément dérangeant.

D’où vient ce mouvement ?

Je pense que le réveil des nationalismes est dû au fait que, dans des cycles politiques à court terme et dans un contexte de multiples changements planétaires, la rhétorique nationaliste fonctionne. On blâme les migrants. Or, la réalité est que 4,5  % de la population mondiale est actuellement en mouvement. Cela signifie que 95,5  % des gens restent là où ils sont ! Toute cette psychose et cette pression, par exemple sur l’Union européenne, est le résultat de ces 4,5  % de gens en mouvement, quand bien même certains ne sont pas des Africains en route pour l’Europe : beaucoup de mouvements – de migrants – vont du Sud vers le Sud. Politiquement ça marche, mais sans aucune vision des conséquences.

D’un autre côté, le Bangladesh accueille soudainement 600 000 personnes – des Rohingya venus de Birmanie – . Le Bangladesh, qui n’est même pas signataire de la convention de 1951 sur les réfugiés, aurait pu miner sa frontière en prétextant une menace sécuritaire.

La source du problème est la xénophobie. Pour un xénophobe, peu importe que trois cents étrangers vivent à ses côtés ou un seul. Un seul suffit. Alors comment en finir avec la xénophobie ? Comment en finir avec la discrimination ?

En ex-Yougoslavie, là où j’ai commencé ma carrière, on sait ce qu’il est advenu lorsque ces idées ont été transformées en armes. On a vu les actes les plus cruels. Que voulaient-ils : des pays ethniquement purs ? Un retour au passé ? L’histoire de l’humanité a été sanglante et cruelle, et ils voulaient revenir à une époque d’arbitraire et d’injustice. L’idée que ce soit possible est insupportable.

Après le sentiment de progression des droits humains dans les années 1990, le tournant a-t-il été le 11-Septembre et la réponse qu’y a apporté l’administration Bush ?

Oui, certainement. La création de ce Haut-Commissariat pour les droits de l’homme en  1993, la création des tribunaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, puis l’établissement de la Cour pénale internationale, furent des étapes d’une importance considérable. Il y avait un sentiment du possible. Il suffit de regarder le nombre de traités et de conventions : beaucoup de travail a été effectué dans les années 1990.

Puis, avec le 11-Septembre et la guerre d’Irak, tout s’est progressivement compliqué. La crise irakienne fut un tournant, avec notamment le fait que la torture gagne de nouveau une sorte d’admissibilité.

Cette régression est-elle un succès pour Al-Qaida, deux décennies après sa déclaration de guerre ?

Il faut accepter le fait que des groupes extrémistes et violents peuvent perturber des sociétés avec leurs terrifiantes attaques, mais il est peu probable qu’ils puissent détruire la planète. Seuls les gouvernements peuvent détruire la planète. Dans le combat contre ces extrémistes, il faut appliquer strictement et intelligemment la loi. Il faut être respectueux des droits humains de chacun. Sinon l’Etat, au fil du temps, commence à ressembler au groupe qu’il combat.

Votre façon de dénoncer haut et fort toutes les atteintes aux droits de l’homme et le fait que vous vous soyez mis à dos -quasiment tous les Etats de la planète semblent faire débat au sein de l’ONU, notamment sur l’efficacité de la démarche. Qu’en pensez-vous ?

Je crois que l’ONU doit parler haut et fort. Revenons aux accusations centrales envers les Nations unies au moment du génocide des Tutsi du Rwanda : c’est que l’ONU n’a pas parlé au moment où elle aurait dû parler. Ce fut l’accusation principale contre l’ONU également en ex-Yougoslavie. La leçon de l’ex-Yougoslavie est aussi que si on s’autorise à être plus terrifié que les gens auxquels on parle, si l’ONU n’est pas respectée, si les règles ne sont pas respectées, alors c’est l’impunité, et le désastre arrive.

Ce que j’ai retenu de mon expérience en ex-Yougoslavie est que je préfère commettre une erreur en parlant haut et fort plutôt que de ne rien dire et de le regretter terriblement ensuite. Je le dis à mes collègues de l’ONU : personne ne se souviendra de vous pour votre silence.

Les défenseurs des droits de l’homme défendent les droits de chaque individu. Les autres défendent les droits d’une communauté particulière. C’est la différence. Défendre les droits d’une communauté contre d’autres communautés, c’est créer les conflits de demain. Les violations des droits de l’homme d’aujourd’hui sont les conflits de demain. Quelle humanité veut-on ? Une humanité où lorsqu’on est menacé par la guerre, la mort, personne ne vous accueille ? C’est ce que ces populistes tentent de -promouvoir. C’est de l’égoïsme. Et ce sera terrible si nous ne résistons pas.

Propos recueillis par Rémy Ourdan

© Le Monde

 

 

Communiqué du HCR: situation sud-ouest de la Syrie

Dans le cadre du partenariat entre l’AFS et le HCR nous publions le Communiqué de presse  du HCR:

 

Paris, le 5 juillet 2018

 

Déclaration de Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, sur la situation au sud-ouest de la Syrie

 

 

Je suis extrêmement inquiet pour la population civile, qui est prise au milieu des tirs croisés dans le sud-ouest de la Syrie – y compris des frappes aériennes et de lourds bombardements. Environ 750 000 vies humaines sont en danger. Plus de 320 000 personnes sont maintenant déplacées et la plupart vivent dans des conditions de précarité et d’insécurité, dont environ 60 000 personnes qui campent au point de passage frontière avec la Jordanie à Nasib/Jaber.

Bien que les communautés locales en Syrie aient ouvert leurs portes pour accueillir un grand nombre de personnes déracinées, la plupart sont forcées de vivre en plein air ou dans des abris de fortune qui offrent peu de sécurité et de protection contre les éléments. Un grand nombre de femmes et d’enfants se trouvent parmi les personnes déracinées, ainsi que des personnes âgées, des blessés et des malades. Parmi les déplacés se trouvent également des travailleurs humanitaires locaux dévoués qui sont venus en aide à la population civile depuis le début du conflit.

De toute évidence, la priorité absolue est de trouver une solution politique au conflit et d’épargner de nouvelles souffrances aux civils syriens. Pendant ce temps, les Nations Unies et ses partenaires font leur possible pour acheminer une aide vitale à la population dans le sud-ouest de la Syrie depuis l’intérieur même de la Syrie et de l’autre côté de la frontière jordanienne, mais la situation de sécurité entrave nos efforts pour atteindre un grand nombre de personnes qui ont cruellement besoin d’aide.

J’appelle toutes les parties à redoubler d’efforts pour faire cesser les hostilités, permettre aux agences humanitaires de livrer du matériel vital de secours et d’abris ainsi que d’évacuer les blessés. La protection, la sécurité et la sureté des civils ainsi que celles des travailleurs humanitaires sont cruciales. Il s’agit d’un principe fondamental en vertu du droit international humanitaire qui doit être garanti par toutes les parties au conflit et la communauté internationale dans son ensemble.

Les hostilités dans la région frontalière constituent un risque vital et ne laissent pas d’autre choix que de rechercher la sécurité en Jordanie voisine. Je salue la Jordanie qui assure généreusement la protection de centaines de milliers de réfugiés syriens depuis le début de la crise. Je remercie également ce pays qui fait son possible pour fournir et faciliter l’assistance aux personnes dans le besoin à l’intérieur de la Syrie. Etant donnés les dangers immédiats, je plaide pour qu’un refuge temporaire soit octroyé en Jordanie aux personnes en quête de sécurité et j’appelle la communauté internationale à accorder un soutien immédiat et significatif à la Jordanie, dans un esprit de solidarité et de partage de la responsabilité.

Le HCR se tient prêt à intensifier immédiatement ses efforts d’assistance à l’intérieur de la Syrie et en Jordanie. Des milliers de personnes innocentes vont perdre la vie, une fois encore, si aucune action urgente n’est mise en œuvre.

 

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