Le député Gérard Bapt de retour de Syrie : Les Syriens se sentent abandonnés par la France

Le député socialiste Gérard Bapt revient d’un voyage en Syrie entrepris avec deux autres parlementaires, Jérome Lambert et Christian Hutin. Pour RT France, il décrit la situation du pays après quatre ans de guerre civile.

Gérard Bapt est député de Haute-Garonne, membre du Parti socialiste et médecin-cardiologue. Il est aussi le Président du groupe d’amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale.

RT France : Vous revenez d’un voyage en Syrie avec deux autres parlementaires. Qu’avez-vous constaté sur place ?

Gérard Bapt (G.B.) : Cela a été un voyage très dense. Nous avons pu aller à Lattaquié, Homs et Damas. Je retiens quatre points de ce voyage. D’abord nous nous sommes rendus à Lattaquié, une ville dont la population a doublé du fait de l’arrivée de réfugiés de l’intérieur. Tout en ayant subi des attaques terroristes, elle n’a pas subi de destructions majeures. Mais ce passage nous a permis de visiter un centre de réfugiés venant de la région d’Alep notamment. Nous avons pu rencontrer ensuite le maire de Kessab [Ndlr : une ville syrienne peuplé d’Arméniens], petite ville qui possède sept églises arméniennes et qui avait été prise par les djihadistes d’Al-Nosra et reprise par l’armée syrienne. Selon le maire, la population qui est restée exposée aux tirs de roquettes, est néanmoins rassurée depuis le renforcement militaire russe à Lattaquié. D’autres nous ont dit que depuis le renforcement de l’implication russe, ils ressentent une nette amélioration de leur moral, alors que ces derniers temps, l’armée syrienne subissait des échecs.

Ensuite, nous sommes allés à Homs. Cette ville a subi de grandes destructions, notamment dans ses quartiers chrétiens. Nous avons pu constater les rénovations des églises et des mosquées. Des centaines de familles chrétiennes ont pu revenir. Le gouverneur de la ville a d’ores et déjà des plans de reconstruction.

En savoir plus : Député Christian Hutin : «J’ai décidé d’aller voir moi-même ce qui se passe en Syrie»

RT France : Les réfugiés rencontrés, qui fuyaient-ils ?

G.B. : Dans le secteur d’Alep et Homs, ils fuyaient les groupes islamistes.

RT France : Avez-vous rencontré des officiels, des dignitaires religieux? Que vous ont-ils dit ?

G.B. : Notre voyage n’était pas politique ni diplomatique. Nous étions uniquement du côté des zones gouvernementales. Mais nous avons rencontré des responsables d’adminitration civile, d’ONG et bien entendu de communautés religieuses. Tous nous ont dit être attachés à leur mode de vie qui est fait de coexistence sans problème entre communautés et cultes, dans un contexte laïc et avec une liberté religieuse. Ils disent également qu’ils sont attachés à l’espoir d’un retour de la paix. Ces communautés chrétiennes nous ont aussi dit se sentir abandonnées par la France et par l’Europe.

Ce sentiment d’abandon, nous avons pu aussi le constater au Lycée français Charles de Gaulle de Damas. Les enseignants syriens ou franco-syriens se sentent oubliés par la France. Ils n’ont plus aucune relation avec l’administration française alors qu’il enseignent toujours selon les programmes de l’Education nationale. Nous avons pu nous rendre au musée de Beyrouth dont nous avons rencontré le directeur. Lui est désespéré par le fait qu’il n’a plus aucun contact, si ce n’est individuel et officieux, avec des responsables français alors que cela fait 40 ans que l’archéologie française travaille avec l’archéologie syrienne, notamment sur le site de Palmyre. Il ne comprends pas pouquoi il n’y a plus ce genre de liens alors qu’il continue à travailler avec l’Italie et l’Allemagne.

En savoir plus : La politique française en Syrie, entre hésitation, revirement et mesures cosmétiques 

RT France : Les Syriens rencontrés comprennent-ils la politique et la position de la France par rapport au conflit qui touche leur pays ?

G.B. : Non, ils ne la comprennent pas. Ils estiment être le seul pays, avec le Liban, dans lequel toutes les communautés vivent ensemble. Ils ne comprennent pas pourquoi on laisse détruire cela. Ce ne sont pas forcément des partisans du président el-Assad mais ils souhaitent protéger leur Etat, leur constitution et rester dans cet Etat là, ne pas subir la Charia.

RT France : Comment percevez-vous l’ouverture d’une enquête pour crime de guerre contre Bachar el Assad ? 

G.B. : On parle de ce dossier depuis deux ans, il est un peu curieux que cela soit sorti le jour de la réunion de l’ONU. Au-delà de cette coïncidence, si les preuves sont apportées et que la démarche est juridiquement fondée, il faut que cela aboutisse. Mais ceci étant dit, ce genre de procédure peut prendre beaucoup de temps. Et on ne doit pas perdre de temps, justement pour soulager au plus vite les souffrances du peuple syrien et restaurer par une solution politique ou un cessez-le-feu sa sécurité. Je suis d’accord sur ce plan avec le Ministre espagnol des Affaires étrangères qui estime que les combats doivent cesser le plus vite possible.

RT France : Pensez-vous que la France a encore une voix audible en Syrie et plus largement au Moyen-Orient ?

G.B. : Ce qui m’inquiète c’est que, quand on parle de réunion internationale sur le dossier syrien, quand le Secrétaire général de l’ONU cite les pays dont dépend le sort de la Syrie, la France ne soit pas de ceux-là. Nous aurons, je l’espère, des occasions de revenir à nos liens avec ce pays avec lequel nous avons des relations historiques et des affinités constitutionnelles, dont la laïcité par exemple

Que reste-t-il des entreprises françaises en Syrie

Nous publions ci-joint un article paru dans Le Monde du 17/03/2015,

Quatre ans de guerre, un effondrement des investissements, des entreprises qui mettent la clé sous la porte. En 2009, le total des investissements étrangers en Syrie avoisinait 2,6 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros environ), et l’intérêt des investisseurs ne semblait pas prêt de s’émousser. Le conflit a depuis entraîné une baisse drastique des investissements directs étrangers (IDE) jusque dans les pays voisins, et notamment en Jordanie et au Liban, grand partenaire économique de la France dans la région.

En 2013, alors qu’une intervention incluant la France était pressentie, nous faisions un tour d’horizons des intérêts français en Syrie. Près de deux ans après, s’il est difficile d’obtenir des statistiques fiables, quelles entreprises sont encore présentes dans le pays ?

Lire l’éditorial : Syrie : un désastre sans précédent

Pétrole : la production presque évanouie

Investissement étranger numéro 1 dans le pays : le pétrole. Total, première entreprise française à s’être intéressée au pays, a fini par se résoudre à cesser toute activité et rapatrier son personnel en décembre 2011, après l’annonce des sanctions européennes à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad, qui interdisent d’exporter vers la Syrie des équipements à destination de l’industrie gazière et pétrolière.

Le pétrolier, implanté via un consortium avec l’entreprise publique Syrian Petroleum Company depuis 1988, reconnaît toutefois, dans son document de référence 2013, maintenir « localement un bureau uniquement pour des besoins non opérationnels. En 2013, Total a versé aux organisations gouvernementales syriennes un montant d’environ 0,5 million d’euros [2 millions en 2012] sous la forme d’impôts et de contributions au titre des services rendus par le secteur public syrien afférent au maintien de ce bureau et de son personnel ».

Comme le détaille Bercy dans sa dernière publication économique sur le pays :

« Les sanctions pétrolières sont efficaces, la Syrie ne parvenant plus à exporter de pétrole, alors que ces exportations représentaient 25 % des revenus du régime. Selon le ministre syrien du pétrole, Souleimane Al-Abbas, la production pétrolière s’est effondrée de 96 % depuis le début de la crise. Le régime syrien dépend aujourd’hui de l’Iran pour ses importations de brut. »

Repli au Liban ou en Egypte

Le fromager Bel, qui était l’un des premiers industriels français à avoir implanté une unité de production dans le pays (en 2005), a transféré ses équipements et les productions de l’usine de Damas sur plusieurs autres sites au Proche et Moyen Orient. « En juillet 2012, la situation difficile en Syrie a conduit à la fermeture temporaire du site de production », explique l’entreprise. Les bâtiments ont toutefois été conservés. Si le siège de l’entreprise dans la région reste à Beyrouth, un recentrage semble en cours, puisque l’Egypte a été rattachée à sa zone Proche et Moyen Orient (Bel possède par ailleurs un site de production en Iran et en Turquie).

Air Liquide, qui a installé une unité de production d’oxygène près de Damas en 2010, aurait également gardé un bureau dans la capitale. L’usine d’Adraa, produisant également de l’azote et de l’argon liquides, devait contribuer à alimenter le marché des gaz industriels dans toute la région du Levant.

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Schneider Electric, qui a ouvert un bureau dans la capitale syrienne en 1998, y avait une activité assez intense jusqu’au début des années 2000 : « Pour renforcer le système d’alimentation de la ville de Damas, PEEGT, la régie d’électricité publique syrienne, a choisi Schneider Electric pour fournir des sous-stations et des transformateurs pour trois niveaux de tension : 230 kV, 66 kV et 20 kV. Les précédentes réalisations de Schneider Electric dans ce pays, notamment les sous-stations des centrales électriques de Jandar et Alep, ont motivé ce choix », vantait l’entreprise dans son rapport annuel de 1999.

Aujourd’hui, Schneider Electric assure n’y avoir que des clients distributeurs et avoir replié certains de ses anciens employés de Damas à Beyrouth. Mais d’après un dossier de présentation de ses activités dans la région (page 95), il y avait encore récemment (le document date de 2014) une quinzaine de projets en cours en Syrie, dont l’ambassade iranienne, des grands hôtels et un centre Carrefour.

Le leader français de la grande distribution a en effet annoncé l’ouverture d’un hypermarché en Syrie en 2008 : on trouve d’ailleurs la trace de ce projet dans les rapports annuels 2009 et 2010, précisant qu’il s’agit d’une franchise. Le dernier rapport annuel montre qu’une activité était toujours en cours en 2013 : l’hypermarché a fermé l’an dernier, affirme la direction du groupe.

Ce n’est qu’en septembre dernier que Lafarge, qui garde toutefois actif son site Internet avec une adresse syrienne, ainsi qu’un bureau à Damas, s’est résolu à suspendre ses activités. Les actifs concernés sont évalués à environ 450 millions d’euros. Sa cimenterie de Kobané s’est retrouvée au centre des combats entre les Kurdes et l’Etat islamique depuis septembre. C’est l’un des plus gros investissements étrangers en dehors du pétrole – le site devait générer un millier d’emplois sur l’ensemble de la région d’Alep, au nord du pays.

Un PIB divisé par deux

De toute façon, il n’y a plus d’interlocuteur pour les entreprises françaises en Syrie, la mission économique de Damas ayant déménagé au Liban voisin (la fiche Internet de la mission économique renvoie d’ailleurs directement sur la fiche du Liban). L’ambassade et les services consulaires sont fermés depuis mars 2012.

« La crise intérieure, l’isolement régional et les sanctions économiques décidées par l’Union européenne et les Etats-Unis ont conduit à une dégradation de la situation économique en Syrie. Un certain nombre d’hommes d’affaires ont pris leurs distances avec le régime. Les finances publiques sont extrêmement dégradées, et la livre syrienne a été dépréciée de plus de 200 % depuis le début de la crise », détaille la fiche pays de Bercy.

Le produit intérieur brut s’est écroulé de moitié entre 2010 et 2013 : il est passé d’environ 60 milliards de dollars (en dollars constants 2010) à 33,5 milliards en 2013 et 31,9 en 2014, selon les calculs.

Quatre parlementaires français de gauche et de droite ont rencontré Bachar al-Assad le 25 février 2015.

Quatre parlementaires français de gauche et de droite, en « mission personnelle » en Syrie, ont rencontré le 25 février à Damas le président syrien Bachar al-Assad. Les quatre parlementaires en déplacement en Syrie sont, outre Jacques  Myard, député UMP (/fichiers/rubriques/communique-de-presse.pdf), Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne et président du groupe d’amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Vial, sénateur UMP de Haute-Savoie, président du groupe d’amitié France-Syrie au Sénat, et François Zocchetto, sénateur UDI de la Mayenne, président du groupe UDI-UC, membre du groupe France-Syrie au Sénat.

Trois autres participants français sont mentionnés sur le compte Facebook de la présidence syrienne : MM. Stéphane Ravion, Patrick Barraquand et Jérôme Toussaint.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a indiqué que cette rencontre était « une initiative personnelle » et en « aucun cas une initiative officielle » de la France.

Alexandre Giorgini, porte-parole du Quai d’Orsay interrogé le 23 février sur une éventuelle concertation au sujet de cette visite avec les services de Laurent Fabius, a précisé qu' »il s’agit d’une initiative de parlementaires qui, conformément au principe de séparation des pouvoirs, n’a pas été décidée en concertation avec le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. »
« Comme l’a précisé M. Fabius le 15 février, les parlementaires concernés ne sont porteurs d’aucun message officiel », a aussi répondu M. Giorgini en se démarquant de ce voyage.

Parmi les multiples réactions à cette visite, il convient de noter la vive condamnation le 26 février par l’exécutif, François Hollande réprouvant cette rencontre « avec un dictateur » ainsi que celle au préalable celle du Premier ministre, Manuel Valls qui l’a qualifié de « faute morale ».

Cette visite de parlementaires français constitue une première depuis la rupture des relations diplomatiques décidée en mai 2012 conjointement par la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne.

Selon une source gouvernementale à Damas, ils ont été reçus le 24 février par le vice-ministre syrien des Affaires Etrangères, Fayçal Moqdad, et mercredi ils devraient s’entretenir avec le chef de la diplomatie, Walid Mouallem. Ils ont dîné également avec le mufti de la République, cheikh Ahmad Hassoun.

Un an après le déclenchement de la guerre civile en Syrie en mars 2011, la France avait décidé le 2 mars 2012 de fermer son ambassade à Damas.
Le 29 mai 2012, dans le cadre d’une initiative commune à cinq pays européens, la France avait déclaré l’ambassadrice de Syrie et d’autres diplomates persona non grata.

Depuis, Paris ne cesse de réclamer le départ du pouvoir d’Assad en soutenant politiquement, militairement et humanitairement l’opposition modérée au président syrien.

http://www.lorientlejour.com/article/913572/la-majorite-des-francais-desapprouvent-la-visite-des-quatre-parlementaires-a-damas.html

Un point de vue de Christian Vanneste, Député honoraire, Président du RPF.

http://www.christianvanneste.fr/2015/03/03/le-realisme-assume-plus-moral-que-la-morale-hypocrite/

Communiqué de l’AFS : Plaidoyer pour le rétablissement du dialogue en Syrie (01/03/2015)

Le déplacement de quatre parlementaires français en Syrie soulève dans la presse des vagues de commentaires, et a provoqué de la part de nos hauts dirigeants des réactions indignées.

Directement concernée par les tragiques événements qui se poursuivent dans ce pays, l’Association d’Amitié France-Syrie (AFS) ne peut rester insensible à cet émoi.

Tout d’abord, il lui semble légitime que les élus du peuple décident de vérifier par eux-mêmes sur place le bien fondé de la politique menée par leur gouvernement et des besoins humanitaires.

La délégation parlementaire était constituée à part égale de députés et de sénateurs de la majorité et de l’opposition, ce qui marque excellemment que la démarche n’était pas partisane.

Mais celle-ci procèdait surtout d’un autre concept : il est évident, et ce n’est pas seulement le représentant du secrétaire général de l’ONU qui le reconnait, que le gouvernement syrien est et restera un élément incontournable de la solution à ce grave conflit.

Continuer à jeter l’anathème sur une des parties qui, indiscutablement s’assiéra à la table de négociation pour obtenir l’apaisement voire la paix, n’est ni logique, ni fécond.

Si la France, ancienne puissance mandataire veut (et c’est ce que nous appelons de nos voeux) rejouer un rôle utile et majeur dans cette région qu’elle connait bien, il lui faut être assez forte pour courageusement reconnaitre des erreurs passées et des jugements précipités.

Les conflits coloniaux vécus par notre pays nous ont amenés à comprendre qu’un jour, on doit discuter avec ses opposants, y compris ceux que l’on avait qualifiés de terroristes.

L’AFS rassemble des Français, des Syriens et des Franco-syriens de tous bords, unis avant tout par l’amour porté à ce pays qui souffre.

Depuis 4 ans, elle s’est efforcée de maintenir une certaine cohésion en ouvrant le dialogue et en diffusant un esprit de médiation.

Elle milite de tout son coeur pour alléger les souffrances de cette population qu’elle connait et qu’elle aime.

Elle sait que la solution militaire étant impossible, seule la négociation pourra mettre fin à ce conflit.

Or, on ne cherche de compromis acceptable qu’entre toutes les parties en présence.

Nous considérons positif le voyage de ces parlementaires que nous remercions et félicitons pour leur courage.

Nous espérons que ce premier pas sera suivi d’autres qui nous mèneront rapidement à la table de négociation et que la France pourra se féliciter du rôle qu’elle a joué pour le rétablissement de la paix dans cette région en concentrant ses forces sur l’unique menace pour tout le Moyen-Orient et l’Occident que constitue l’intégrisme djihadiste.

Il est temps de se montrer pragmatique, de préparer cet avenir démocratique indispensable que doit revivre ce pays, démontrer que face aux lacunes de la gouvernance de l’opposition armée ou pacifique qui n’a pas de structure et n’a pas de projet pour la Syrie, à l’instar de la situation en Irak, le peuple a besoin de l’expérience du gouvernement actuel, de ses fonctionnaires et de son armée pour assurer sa stabilité et sa sécurité face à la menace islamiste, d’autant qu’il faut déjà penser à la reconstruction du pays et au ralentissement de l’exode actuel.

L’influence future de la France dans cette région repose sur notre pragmatisme et notre rejet d’une vision idéologique qui ne peut qu’obérer l’avenir.

Didier DESTREMAU Patrice MOUCHON

Ancien Ambassadeur  Président
Chargé des relations extérieures

Association d’Amitié France-Syrie
17, rue du Colisée – 75008 – Paris –
Tél : (33 1) 43 59 20 20 Télécopie : (33 1) 45 63 51 38
Email : francesyrie@gmail.com Association régie par la loi de 1901

Gel des activités du Centre Culturel Syrien de Paris

Mme Maha Masri entourée  de gche à dte : Ségolène de Pontbriand, Jean-Claude Margueron, Eric Coquegniot, Père Michel Lelong, Béatrice Muller,
Pierre Leriche et Anne Caubet.
L’AFS a appris avec beaucoup de regret le gel des activités du Centre Culturel de Paris le 13 janvier 2015 par le Ministère Syrien de la Culture, à l’instar de ceux de Téhéran, Sao Paolo, Madrid, Nouakchott et Téhéran,  en raison de la guerre menée contre le terrorisme.
Cette annonce a été faite à l’occasion de la tenue au Centre de l’évènement pictural et musical animé par Béatrice Signorelli, artiste-peintre et Adrien Frasse-Sombet, Violoncelliste, tous deux lauréats du prix Arts-Sciences-Lettres.
Le Professeur Jean Murat a pris la parole, au nom des nombreux participants, afin de souligner que le Centre Culturel Syrien a permis de créer un pont entre les civilisations et a rendu un vibrant hommage à sa Directrice, Mme Maha Masri qui pendant quatre ans a porté au plus haut la culture multiséculaire de la Syrie et s’est attelée à maintenir et à développer la fréquentation du Centre par un public de plus en plus assidu.
Sa formation d’universitaire à la Sorbonne, ainsi que ses qualités humaines d’écoute et de regard porté sur l’autre, ont permis à Mme Masri de choisir d’une manière judicieuse et originale les thèmes des multiples manifestations hebdomadaires qu’elle a organisées ; celles-ci ont témoigné d’un subtil équilibre entre la peinture, l’archéologie, la littérature et les sciences, suscitant ainsi l’engouement du public.
Mme Masri de son côté, a émis le vœu de voir le Centre reprendre ses activités et a indiqué avoir voulu donner une belle image de son pays, avoir vécu de beaux moments culturels durant son séjour et tissé des profonds liens amicaux. Elle a accompli sa tâche grâce à la collaboration de toute l’équipe du Centre en particulier les professeures de langue arabe qui ont permis aux enfants d’obtenir de bons résultats.
Nous souhaitons le plein succès à Mme Masri dans la poursuite de sa carrière professionnelle et nous espérons la revoir bientôt à Paris.

La France et la Syrie : Aide humanitaire et Accueil des réfugiés.

Selon le site du ministère des affaires étrangères :
« Depuis le début du conflit en Syrie, la France a mobilisé 31 millions d’euros au titre de l’aide humanitaire. Sur ces 31M€, elle a consacré 6M€ à l’aide directe. Elle a également débloqué 25M€ pour renforcer l’action des ONG internationales, des agences onusiennes et du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Sur les 15 prochains moins, la France consacrera une aide supplémentaire de 20M€, dont 1,5M€ seront décaissés en urgence d’ici la fin de l’année pour aider les populations syriennes à préparer l’hiver et pour soulager les efforts des communautés d’accueil dans les pays voisins de la Syrie ».
Rappelons que les relations diplomatiques sont suspendues depuis mars 2012.
D’autre part, une infographie sur l’accueil des réfugiés en France :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/la-france-et-la-syrie/infographie-la-france-pays-d/
Rappelons que le Président de la République avait annoncé que la France accueillerait en plus des demandes d’asile de droit commun, 500 réfugiés en provenance des pays limitrophes de la Syrie (Liban, Jordanie, Egypte, Turquie) soit comme réinstallés (réfugiés déjà reconnus par le HCR), soit au titre de l’admission humanitaire.
La sélection des candidats se fait sur les critères de vulnérabilité et de liens existants avec la France par des missions conjointes de l’OFPRA et du HCR.
Ces réfugiés ont commencé à arriver sur le territoire depuis le mois de janvier, à raison d’un contingent d’environ 35 personnes, soit sept à huit familles sur toute l’année 2014.
La coordination de cette opération a été confiée au Préfet Richard DIDIER.

Relations bilatérales France-Syrie

(Les relations diplomatiques sont supspendues depuis mars 2012)

Les relations entre la France et la Syrie sont anciennes. A la fin de la première guerre mondiale, la France s’est vue confier un mandat sur la Syrie. Depuis l’indépendance en 1946, les liens sont restés forts. Le Président Chirac était le seul président occidental à assister aux obsèques de Hafez El Assad en 2000. Les relations se sont toutefois tendues suite à l’assassinat de l’ancien Premier Ministre libanais Rafic Hariri à Beyrouth en 2005.

Les relations bilatérales politiques de haut niveau entre les deux pays ont repris à la de la signature de l’accord de Doha le 21 mai 2008 [relatif à l’élection du Président de la République au Liban] et de l’existence de négociations indirectes entre la Syrie et Israël sous l’égide de la Turquie. Ce changement s’est traduit par une succession de contacts et de visites bilatérales : visite du Président Bachar Al-Assad à l’occasion du sommet de l’Union pour la Méditerranée du 13 juillet 2008 puis le 13 novembre 2009, visites en France des Ministres syriens de la culture et des Affaires étrangères, ainsi que du Vice-Premier Ministre chargé des Affaires économiques, envoi d’émissaires du Président de la République à Damas, visite de Bernard Kouchner en Syrie fin août puis visite du Président de la République, Nicolas Sarkozy, les 3 et 4 septembre 2008, et de François Fillon le 20 février 2009.

Au delà de ces relations d’Etat à Etat, il existe une grande diversité de liens décentralisés, associatifs notamment, entre ces deux pays.

En 2009, on note les principales manifestations suivantes :

Visite de M. Luc Chatel, Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation, en Syrie du 7 au 9 février. Il était accompagné d’une importante délégation comprenant des responsables de grandes entreprises françaises, notamment des secteurs de l’agroalimentaire, des télécommunications, des transports, de l’énergie et de la construction.
Au cours de ce déplacement, M. Chatel a eu des entretiens avec M. Abdallah Dardari, Vice-Premier Ministre pour les Affaires économiques et les membres du gouvernement syrien chargés des dossiers économiques. Ces entretiens se sont conclus par la signature, avec M. Loutfi, ministre de l’Economie et du Commerce, et M. Jouni, ministre de l’Industrie, de déclarations d’intention permettant de renforcer la coopération bilatérale franco-syrienne, d’une part en matière de protection des consommateurs, et d’autre part de la qualité dans le domaine industriel.
Lancement du Club des entrepreneurs franco-syrien le 13 mai 2009.
A l’occasion de la visite à Paris du Dr. Amer Hosni Loutfi, ministre syrien de l’Economie et du Commerce, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et la Chambre de commerce franco-arabe ont organisé une conférence sur les atouts et les opportunités en Syrie, à l’issue de laquelle a été lancée en présence de Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat au Commerce Extérieur, le Club d’affaires franco-syrien.

Mission de l’Agence Française pour le Développement (AFD) et du Ministère français de l’Agriculture (14-22 juin 2009)
Mission d’une délégation de la région PACA (27-30 juin 2009)
Convention de non double imposition entre la France et la Syrie

La convention entre la France et la Syrie en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscales en matière d’impôts sur le revenu a été ratifiée par le Sénat le 19 février dernier et est parue au Journal Officiel du 27 février 2009.
Accord sur la protection réciproque des investissements

Cet accord a été signé le 12 mai 2009. Il doit permettre d’augmenter le montant des investissements entre les deux pays. Rappelons que le montant des investissements français en Syrie est passé en trois ans de 10 à 800 millions d’euros. Tandis que le montant des échanges commerciaux a connu une hausse de 12% en un an, puisqu’il est passé de 883 millions d’euros en 2007 à 992 millions d’euros en 2008 cette année.
Visite de M. Joseph Sweid, ministre des Emigrés à Paris les 19-23 septembre, où il a rencontré les différents représentants des associations syriennes en France.
M. Walid Mouallem, ministre des affaires étrangères s’est rendu à Paris le 30 septembre, dans le but de renforcer la dynamique des relations syro-françaises.

Le Premier ministre syrien, Mohammad Naji Otri, et le secrétaire d’Etat français aux Transports, M. Dominique Bussereau, se sont entretenus à Damas début novembre, des perspectives de coopération bilatérale concernant les compagnies Airbus et CMA-CGM. La contribution des grandes compagnies françaises au financement et à la mise en œuvre de projets d’infrastructure dans le domaine des transports, a été évoquée.

Visite en France du président Bachar Al-Assad les 12 et 13 novembre, laquelle s’inscrit dans le cadre de la dynamique constructive des nouvelles relations franco-syriennes.
Les grands enjeux régionaux ont été au cœur des entretiens, ainsi que l’approfondissement de la relation bilatérale franco-syrienne dans les domaines économique et culturel.
Un Accord de coopération financière entre la France et la Syrie et une note de compréhension issue de l’accord ont été signés avec la société /Bull/ pour l’informatisation du système fiscal en Syrie a été signé à Paris le 11 décembre 2009 entre le ministre syrien des Finances, Mohammad al-Hussein, et Mme Christine Lagarde.
Visite de Mme Christine Lagarde, ministre de l’Econome et des Finances en Syrie, le 17 décembre, au cours de laquelle les deux parties ont signé trois accords de coopération l’un entre la chambre de navigation maritime syrienne et l’union du transport maritime et naval de Marseille, un autre entre l’établissement des chemins de fer syrien et le CMA-CGM, et un troisième entre les commissions de standardisation dans les deux pays.

Un mémorandum portant établissement d’une centrale de contrôle du réseau d’électricité en Syrie et une déclaration d’intention pour le financement par la France du projet du métro de Damas et pour le soutien de l’élaboration d’une loi-cadre concernant l’association entre les deux secteurs public et privé, ont été signés également, ainsi que le plan de travail du Club des entrepreneurs syro-français pour l’année 2010.


En 2010
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Le Sénateur Philippe Marini, président du groupe d’amitié parlementaire franco-syrienne, envoyé du président français a remis au président Bachar Al-Assad le 2 février 2010 un message du président français Nicolas Sarkozy portant sur les relations franco-syriennes et les perspectives de leur développement.

M. François Fillon, Premier ministre, se rend à Damas le 19 février à la tête d’une nombreuse délégation dont fait part Mme Christine Lagarde, ministre de l’Economie, M. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture ainsi que d’une trentaine de chefs d’entreprises, en vue de l’approfondissement de la coopération bilatérale et l’établissement d’un partenariat global. Sur le plan économique, un contrat de 27 millions d’euros a été signé pour la vente de deux avions de transport régional (ATR) et le protocole pour la vente de 14 Airbus à la compagnie Syrian Arab Airlines bloqué par un embargo américain, a été prorogé.

A l’occasion du Forum International des Femmes Arabes, qu’elle a ouvert, Mme Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce Extérieur, s’est rendue les 14 et 15 mai en Syrie, accompagnée de Mme Christiane Kammermann, Sénateur représentant les Français établis hors de France

Au cours de ce déplacement, Mme Idrac a rencontré le Vice-premier ministre pour les Affaires économiques, M. Abdallah Dardari, le ministre des Transports, M. Yarob Badr, ainsi que le Vice-ministre des Affaires Etrangères, M. Abdelfattah Ammoura, et le Président de la Commission d’Etat au Plan, M. Amer Loutfi.

M.Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères et Européennes, effectue une visite en Syrie, les 22-23 mai 2010.

Visite à Damas du Secrétaire Général de l’Elysée, M. Claude Guéant, le 29 mai.

Visite à Damas de la Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, Mme Fadela Amara, les 6-8 juillet 2010.

Les entretiens avec MM. Abdallah Dardari, vice Premier ministre chargé des Affaires économiques, Tamer Hijjeh, ministre de l’Administration locale et Mme Diala Hajj Aref, ministre des Affaires sociales et du Travail, portent sur le développement de la coopération entre la France et la Syrie en matière de politique urbaine, en particulier les perspectives offertes par les jumelages entre les villes des deux pays.

Le président Nicolas Sarkozy a chargé le 4 août 2010, M. Jean-Claude Cousseran, ancien ambassadeur de France dans plusieurs capitales arabes, de tenter de relancer les pourparlers de paix entre Israël et la Syrie. M. Cousseran remet un message écrit de Nicolas Sarkozy au président al-Assad à Damas le 13 septembre.

Visite d’une délégation sénatoriale (18-22 septembre 2010)

Une délégation sénatoriale française, composée de M. Jean-Pierre Vial, Président du groupe d’amitié France-Syrie au Sénat, de Mme Christiane Kammermann, Vice-Présidente du groupe, de M. Jean-Pierre Michel, Vice-Président, de Mme Bernadette Dupont et de M. André Ferrand, a effectué une visite en Syrie du 18 au 22 septembre.  Cette visite a confirmé le renforcement des liens entre les deux pays et leur volonté conjointe d’entretenir une relation privilégiée. L’accent a été mis sur la nécessité d’accroître le rôle des entreprises françaises dans le développement économique syrien, ainsi que sur l’importance d’un renforcement de la coopération universitaire.

Visite à Paris d’Abdallah Dardari, Vice-Premier Ministre syrien chargé des Affaires économiques (22-26 septembre 2010)

  1. Abdallah Dardari, Vice-Premier ministre syrien pour les Affaires économiques, a effectué une visite à Paris du 22 au 26 septembre 2010. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre de l’intensification de la coopération entre la France et la Syrie.
  2. Dardari a notamment été reçu au cours de ce déplacement par Mme Christine Lagarde, afin d’évoquer les perspectives de la coopération économique franco-syrienne dans les secteurs de l’énergie, des chemins de fer, et du tourisme. Toujours au chapitre économique, le Vice-Premier ministre a rencontré de nombreux représentants d’entreprises françaises, dans le cadre du MEDEF International, et lors d’entretiens avec les responsables de France Telecom , Alstom, Bouygues Construction.
  3. Dardari a par ailleurs été reçu par le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Claude Guéant.

Le président Bachar al-Assad, président de la République arabe Syrienne, qui était accompagné de son épouse, a effectué une visite officielle en France les 9-10 décembre 2010 (voir Visite du président Bachar al-assad en France).